Genèse : les sections d'un cône
Une conique est l'intersection d'un cône de révolution à deux nappes avec un plan ne passant pas par le sommet. Le type de courbe ne dépend que de l'inclinaison du plan.
Critère angulaire
Soit un cône de révolution d'axe \(\Delta\) et de demi-angle au sommet \(\alpha \in \left]0,\tfrac{\pi}{2}\right[\), et un plan \(\mathcal{P}\) faisant l'angle \(\beta \in \left[0,\tfrac{\pi}{2}\right]\) avec l'axe \(\Delta\). Si \(\mathcal{P}\) ne contient pas le sommet, l'intersection est :
- \(\beta = \dfrac{\pi}{2}\) (plan perpendiculaire à l'axe) : un cercle ;
- \(\alpha \lt \beta \lt \dfrac{\pi}{2}\) : une ellipse (courbe fermée, une seule nappe coupée) ;
- \(\beta = \alpha\) (plan parallèle à une génératrice) : une parabole ;
- \(0 \le \beta \lt \alpha\) : une hyperbole (les deux nappes sont coupées : deux branches).
L'excentricité s'exprime directement par ces deux angles :
\[ e=\frac{\cos\beta}{\cos\alpha}. \]On retrouve immédiatement \(\beta=\pi/2 \Rightarrow e=0\), \(\beta=\alpha \Rightarrow e=1\), et \(\beta\lt\alpha \Rightarrow e\gt1\).
Sphères de Dandelin : pourquoi les deux définitions coïncident
Ce théorème (Dandelin, 1822) relie la définition « section de cône » aux définitions métriques par foyers. Pour une ellipse :
- On inscrit dans le cône deux sphères \(\mathcal{S}_1,\mathcal{S}_2\), tangentes intérieurement au cône selon deux cercles \(\mathcal{C}_1,\mathcal{C}_2\), et tangentes au plan sécant en \(F\) et \(F'\).
- Soit \(M\) un point de la section ; la génératrice issue de \(M\) coupe \(\mathcal{C}_1\) en \(T_1\) et \(\mathcal{C}_2\) en \(T_2\).
- Les segments tangents à une sphère issus d'un même point sont de même longueur : \(MF = MT_1\) et \(MF' = MT_2\).
- Donc \(MF + MF' = T_1T_2\), longueur constante mesurée sur une génératrice entre les deux cercles.
Les points de contact \(F, F'\) sont donc bien les foyers, et \(2a = T_1T_2\). Pour l'hyperbole, les sphères sont dans deux nappes différentes et l'on obtient \(|MF - MF'| = T_1T_2\). Les directrices s'obtiennent comme intersections du plan sécant avec les plans des cercles \(\mathcal{C}_i\).
Les trois définitions équivalentes
Monofocale, bifocale, algébrique : trois portes d'entrée sur le même objet. Savoir passer de l'une à l'autre est l'essentiel du sujet.
A. Définition monofocale (foyer–directrice)
Données : un point \(F\) (foyer), une droite \(\mathcal{D}\) ne passant pas par \(F\) (directrice), un réel \(e\gt0\) (excentricité). La conique est
\[ \mathcal{C}=\bigl\{M \;:\; MF = e\cdot d(M,\mathcal{D})\bigr\}. \]C'est la seule définition qui couvre les trois types d'un coup. Elle échoue pour le cercle, qui correspond au cas limite \(e\to 0\) avec directrice rejetée à l'infini.
Mise en équation
Avec \(F=(0,0)\), \(\mathcal{D}:x=d\) et \(H\) le projeté de \(M\) sur \(\mathcal{D}\) :
\[ x^2+y^2=e^2 (x-d)^2 \] \[ (1-e^2)x^2+y^2+2e^2 d\,x-e^2d^2=0. \]Le coefficient \(1-e^2\) porte toute la classification : positif (ellipse), nul (parabole), négatif (hyperbole).
B. Définition bifocale
Données : deux points distincts \(F,F'\) avec \(FF'=2c\gt0\), et un réel \(a\gt0\).
- Ellipse — \(a\gt c\)
- \(\mathcal{E}=\{M : MF+MF'=2a\}\) (somme constante).
- Hyperbole — \(a\lt c\)
- \(\mathcal{H}=\{M : |MF-MF'|=2a\}\) (différence constante en valeur absolue).
Cas limites : \(a=c\) donne le segment \([FF']\) pour la somme, et les deux demi-droites extérieures pour la différence ; \(a\lt c\) rend la condition de somme impossible (inégalité triangulaire).
Construction du jardinier
Une ficelle de longueur \(2a\) tendue entre deux piquets \(F,F'\) trace exactement l'ellipse : c'est la définition bifocale rendue mécanique.
C. Définition algébrique
Une conique est l'ensemble des points dont les coordonnées annulent un polynôme réel de degré 2 :
\[ A x^{2}+B xy+C y^{2}+D x+E y+F=0,\qquad (A,B,C)\neq(0,0,0). \]Le classement immédiat repose sur le discriminant \(B^{2}-4AC\) (voir § 14 pour le traitement complet, dégénérescences comprises) :
| Signe de \(B^2-4AC\) | Genre | Interprétation |
|---|---|---|
| < 0 | genre ellipse | ellipse réelle, imaginaire, ou point |
| = 0 | genre parabole | parabole, ou droites parallèles / confondues |
| > 0 | genre hyperbole | hyperbole, ou deux droites sécantes |
Ellipse — \(0 \le e \lt 1\)
Conique à centre, bornée, à deux axes de symétrie. Convention retenue partout ci-dessous : \(a \gt b \gt 0\), grand axe porté par \((Ox)\).
Équation réduite et éléments
\[ \frac{x^{2}}{a^{2}}+\frac{y^{2}}{b^{2}}=1,\qquad a\gt b\gt0. \]| Demi-grand axe / demi-petit axe | \(a\) et \(b\) |
|---|---|
| Demi-distance focale | \(c=\sqrt{a^{2}-b^{2}}\), soit \(a^{2}=b^{2}+c^{2}\) |
| Excentricité | \(e=\dfrac{c}{a}=\sqrt{1-\dfrac{b^{2}}{a^{2}}}\in[0,1[\) |
| Foyers | \(F(c,0)\), \(F'(-c,0)\) |
| Sommets | \((\pm a,0)\) (principaux), \((0,\pm b)\) (secondaires) |
| Directrices | \(x=\pm\dfrac{a}{e}=\pm\dfrac{a^{2}}{c}\) |
| Paramètre (demi-latus rectum) | \(p=\dfrac{b^{2}}{a}=a(1-e^{2})\) |
| Latus rectum | corde focale perpendiculaire à l'axe, longueur \(\dfrac{2b^{2}}{a}=2p\) |
| Distance foyer–directrice | \(\dfrac{a}{e}-c=\dfrac{p}{e}\) |
| Centre de symétrie | \(O\) ; axes de symétrie \((Ox)\) et \((Oy)\) |
Rayons vecteurs
Pour \(M(x,y)\in\mathcal{E}\), avec \(F(c,0)\) et \(F'(-c,0)\) :
\[ MF=a-ex,\qquad MF'=a+ex . \]Ces deux quantités sont positives car \(|x|\le a\) et \(e\lt1\). Leur somme redonne \(MF+MF'=2a\) : la définition bifocale.
Extrema : \(MF_{\min}=a-c\) (péricentre, en \((a,0)\)), \(MF_{\max}=a+c\) (apocentre).
En anomalie excentrique
\[ r=a(1-e\cos E) \quad \text{pour } M=(a\cos E,\;b\sin E). \]Ellipse translatée et forme générale
Centre \(\Omega(x_0,y_0)\), axes parallèles aux axes de coordonnées :
\[ \frac{(x-x_{0})^{2}}{a^{2}}+\frac{(y-y_{0})^{2}}{b^{2}}=1. \]Si le grand axe est vertical, échanger les rôles : \(a\) sous \((y-y_0)^2\), foyers en \((x_0,y_0\pm c)\).
Affinité orthogonale
L'ellipse est l'image du cercle principal \(x^{2}+y^{2}=a^{2}\) par l'affinité \((x,y)\mapsto\left(x,\tfrac{b}{a}y\right)\). Toutes les propriétés affines du cercle (milieux, rapports, tangence, aires multipliées par \(b/a\)) se transportent ainsi — méthode de démonstration extrêmement rentable.
Parabole — \(e = 1\)
Conique sans centre, non bornée, à un seul axe de symétrie. C'est la frontière exacte entre les coniques à centre.
Équation réduite et éléments
\[ y^{2}=2px,\qquad p\gt0 \]| Paramètre | \(p\) = distance du foyer à la directrice = demi-latus rectum |
|---|---|
| Foyer | \(F\left(\dfrac{p}{2},0\right)\) |
| Directrice | \(x=-\dfrac{p}{2}\) |
| Sommet | \(S(0,0)\), milieu de \(F\) et de son projeté sur \(\mathcal{D}\) |
| Axe | \((Ox)\) ; unique axe de symétrie |
| Excentricité | \(e=1\) |
| Latus rectum | \(2p\) |
| Rayon vecteur | \(MF=x+\dfrac{p}{2}\) (toujours positif car \(x\ge0\)) |
Formes usuelles
Parabole d'axe vertical (forme « fonction »)
\[ y=\alpha x^{2}+\beta x+\gamma,\qquad \alpha\neq0 \]- Sommet : \(S\left(-\dfrac{\beta}{2\alpha},\;-\dfrac{\beta^{2}-4\alpha\gamma}{4\alpha}\right)\)
- Paramètre : \(p=\dfrac{1}{2|\alpha|}\)
- Foyer : \(\left(x_{S},\,y_{S}+\dfrac{1}{4\alpha}\right)\) ; directrice : \(y=y_{S}-\dfrac{1}{4\alpha}\)
- Concavité tournée vers le haut si \(\alpha\gt0\)
Forme canonique translatée
\[ (y-y_{0})^{2}=2p\,(x-x_{0}) \]Sommet \((x_0,y_0)\), foyer \(\left(x_{0}+\tfrac{p}{2},y_{0}\right)\), directrice \(x=x_{0}-\tfrac{p}{2}\).
Propriétés spécifiques
- Sous-normale constante : en tout point, la projection de la normale sur l'axe a pour longueur \(p\). Propriété caractéristique de la parabole.
- Sous-tangente : de longueur \(2x_M\) — la tangente en \(M\) coupe l'axe en \((-x_M,0)\), symétrique du pied de \(M\).
- Corde focale de longueur \(\ell\) : si elle fait l'angle \(\theta\) avec l'axe, \(\ell=\dfrac{2p}{\sin^{2}\theta}\) ; minimum \(2p\) pour le latus rectum.
- Foyer et corde focale : \(\dfrac{1}{r_{1}}+\dfrac{1}{r_{2}}=\dfrac{2}{p}\) pour les deux rayons d'une même corde focale (harmonique).
- Tangentes perpendiculaires : deux tangentes orthogonales se coupent toujours sur la directrice, et la corde de contact passe par le foyer.
Hyperbole — \(e \gt 1\)
Conique à centre, non bornée, deux branches, deux asymptotes. Ici \(a\gt0\) et \(b\gt0\) sont indépendants : aucune inégalité entre eux.
Équation réduite et éléments
\[ \frac{x^{2}}{a^{2}}-\frac{y^{2}}{b^{2}}=1,\qquad a\gt0,\;b\gt0 \]| Demi-axe transverse / non transverse | \(a\) (réel), \(b\) (imaginaire) |
|---|---|
| Demi-distance focale | \(c=\sqrt{a^{2}+b^{2}}\), soit \(c^{2}=a^{2}+b^{2}\) |
| Excentricité | \(e=\dfrac{c}{a}=\sqrt{1+\dfrac{b^{2}}{a^{2}}}\gt1\) |
| Foyers | \(F(c,0)\), \(F'(-c,0)\) |
| Sommets | \((\pm a,0)\) ; aucun point d'abscisse \(|x|\lt a\) |
| Directrices | \(x=\pm\dfrac{a}{e}=\pm\dfrac{a^{2}}{c}\) |
| Asymptotes | \(y=\pm\dfrac{b}{a}x\), c.-à-d. \(\dfrac{x^{2}}{a^{2}}-\dfrac{y^{2}}{b^{2}}=0\) |
| Paramètre | \(p=\dfrac{b^{2}}{a}=a(e^{2}-1)\) ; latus rectum \(2p\) |
| Rayons vecteurs (branche \(x\ge a\)) | \(MF=ex-a\), \(MF'=ex+a\) |
Asymptotes
La courbe s'approche des droites \(y=\pm\frac{b}{a}x\) sans jamais les atteindre. Écart vertical asymptotique sur la branche \(x\gt0\) :
\[ \frac{b}{a}x-y=\frac{b}{a}\bigl(x-\sqrt{x^{2}-a^{2}}\bigr)\underset{x\to+\infty}{\sim}\frac{ab}{2x}\longrightarrow 0. \]L'équation \(\dfrac{x^{2}}{a^{2}}-\dfrac{y^{2}}{b^{2}}=\lambda\) donne l'hyperbole pour \(\lambda\gt0\), l'hyperbole conjuguée pour \(\lambda\lt0\), et la paire d'asymptotes pour \(\lambda=0\) : le couple d'asymptotes est la conique dégénérée de la même famille.
Propriétés liées aux asymptotes
- Le segment de tangente compris entre les deux asymptotes est coupé en son milieu par le point de contact.
- Le triangle formé par une tangente et les deux asymptotes a une aire constante égale à \(ab\).
- Le produit des distances d'un point de la courbe aux deux asymptotes est constant : \(\dfrac{a^{2}b^{2}}{a^{2}+b^{2}}\).
- Une sécante coupe la courbe et les asymptotes en des points tels que les milieux des deux cordes coïncident.
Hyperbole équilatère et repère asymptotique
Équilatère : \(a=b\), donc asymptotes perpendiculaires et \(e=\sqrt{2}\) (valeur remarquable, analogue de \(e=0\) pour le cercle).
\[ x^{2}-y^{2}=a^{2}\quad\xrightarrow{\ \text{rotation de } -\pi/4\ }\quad XY=\frac{a^{2}}{2}. \]Réciproquement, \(y=\dfrac{k}{x}\) est une hyperbole équilatère de sommets \((\pm\sqrt{k},\pm\sqrt{k})\) pour \(k\gt0\), d'axes les bissectrices, avec \(a=b=\sqrt{2k}\) et \(c=2\sqrt{k}\).
Homographies
Toute fonction \(x\mapsto\dfrac{\alpha x+\beta}{\gamma x+\delta}\) avec \(\alpha\delta-\beta\gamma\neq0\) et \(\gamma\neq0\) a pour graphe une hyperbole équilatère d'asymptotes \(x=-\delta/\gamma\) et \(y=\alpha/\gamma\).
Hyperbole conjuguée
\[ \frac{y^{2}}{b^{2}}-\frac{x^{2}}{a^{2}}=1 \]Mêmes asymptotes, axes échangés, excentricité \(e'=\sqrt{1+a^{2}/b^{2}}\) avec la relation \(\dfrac{1}{e^{2}}+\dfrac{1}{e'^{2}}=1\).
Tableau comparatif
Les mêmes lignes, les trois courbes. Toutes les conventions du formulaire tiennent dans ce tableau.
| Ellipse | Parabole | Hyperbole | |
|---|---|---|---|
| Excentricité | \(0\le e\lt1\) | \(e=1\) | \(e\gt1\) |
| Équation réduite | \(\dfrac{x^{2}}{a^{2}}+\dfrac{y^{2}}{b^{2}}=1\) | \(y^{2}=2px\) | \(\dfrac{x^{2}}{a^{2}}-\dfrac{y^{2}}{b^{2}}=1\) |
| Relation focale | \(c^{2}=a^{2}-b^{2}\) | — | \(c^{2}=a^{2}+b^{2}\) |
| Centre | \(O\) | aucun | \(O\) |
| Foyers | \((\pm c,0)\) | \(\left(\tfrac{p}{2},0\right)\) | \((\pm c,0)\) |
| Directrices | \(x=\pm\tfrac{a}{e}\) | \(x=-\tfrac{p}{2}\) | \(x=\pm\tfrac{a}{e}\) |
| Paramètre \(p\) | \(\tfrac{b^{2}}{a}=a(1-e^{2})\) | \(p\) | \(\tfrac{b^{2}}{a}=a(e^{2}-1)\) |
| Définition bifocale | \(MF+MF'=2a\) | — | \(|MF-MF'|=2a\) |
| Rayons vecteurs | \(a\mp ex\) | \(x+\tfrac{p}{2}\) | \(\pm(ex\mp a)\) |
| Paramétrage | \((a\cos t,\,b\sin t)\) | \(\left(\tfrac{t^{2}}{2p},\,t\right)\) | \((\pm a\,\mathrm{ch}\,t,\,b\,\mathrm{sh}\,t)\) |
| Tangente en \(M_0\) | \(\dfrac{xx_{0}}{a^{2}}+\dfrac{yy_{0}}{b^{2}}=1\) | \(yy_{0}=p(x+x_{0})\) | \(\dfrac{xx_{0}}{a^{2}}-\dfrac{yy_{0}}{b^{2}}=1\) |
| Condition de tangence de \(y=mx+q\) | \(q^{2}=a^{2}m^{2}+b^{2}\) | \(q=\dfrac{p}{2m}\) | \(q^{2}=a^{2}m^{2}-b^{2}\) |
| Cercle principal | \(x^{2}+y^{2}=a^{2}\) | tangente au sommet | \(x^{2}+y^{2}=a^{2}\) |
| Cercle directeur | centre \(F'\), rayon \(2a\) | la directrice | centre \(F'\), rayon \(2a\) |
| Cercle orthoptique | \(x^{2}+y^{2}=a^{2}+b^{2}\) | la directrice | \(x^{2}+y^{2}=a^{2}-b^{2}\) (si \(a\gt b\)) |
| Asymptotes | aucune | aucune | \(y=\pm\tfrac{b}{a}x\) |
| Aire intérieure | \(\pi ab\) | infinie | infinie |
| Rayon de courbure au sommet \((a,0)\) | \(\dfrac{b^{2}}{a}=p\) | \(p\) (au sommet) | \(\dfrac{b^{2}}{a}=p\) |
| Réflexion depuis un foyer | converge sur \(F'\) | faisceau parallèle à l'axe | diverge depuis \(F'\) |
Équation polaire de foyer
Une seule formule pour les trois coniques. C'est la forme utilisée en mécanique céleste, en optique et en balistique.
Formule fondamentale
Pôle placé au foyer \(F\), axe polaire dirigé du foyer vers la directrice la plus proche :
\[ \boxed{\;r=\frac{p}{1+e\cos\theta}\;} \]où \(p\) est le paramètre (demi-latus rectum) et \(e\) l'excentricité. Vérification immédiate : \(\theta=\pm\pi/2 \Rightarrow r=p\), ce qui est la définition du demi-latus rectum.
Variantes selon l'orientation
| \(r=\dfrac{p}{1+e\cos\theta}\) | axe focal horizontal, sommet le plus proche du côté \(\theta=0\) |
|---|---|
| \(r=\dfrac{p}{1-e\cos\theta}\) | même axe, courbe retournée (\(\theta \to \theta+\pi\)) |
| \(r=\dfrac{p}{1\pm e\sin\theta}\) | axe focal vertical |
Domaine de définition de \(\theta\)
- \(e\lt1\) : \(1+e\cos\theta\gt0\) toujours ; \(\theta\) décrit \([0,2\pi[\), la courbe est fermée.
- \(e=1\) : il faut \(\theta\neq\pi\) ; \(r\to+\infty\) quand \(\theta\to\pi\) : la branche part à l'infini parallèlement à l'axe.
- \(e\gt1\) : il faut \(\cos\theta\gt-\dfrac{1}{e}\), soit \(|\theta|\lt\arccos\left(-\tfrac{1}{e}\right)\) pour la branche entourant \(F\). Les valeurs de \(\theta\) exclues donnent \(r\lt0\) et décrivent la seconde branche ; l'angle asymptotique vaut \(\theta_\infty=\arccos(-1/e)\).
Valeurs remarquables
\[ r_{\min}=\frac{p}{1+e}=a(1-e)\quad(\text{péricentre}),\qquad r_{\max}=\frac{p}{1-e}=a(1+e)\quad(\text{apocentre, si }e\lt1). \] \[ a=\frac{p}{1-e^{2}}\ \ (e\neq1),\qquad b=\frac{p}{\sqrt{|1-e^{2}|}},\qquad p=\frac{b^2}{a}. \]Paramétrages
Chaque paramétrage a son domaine d'excellence : trigonométrique pour intégrer, rationnel pour les calculs exacts, hyperbolique pour l'unité formelle.
Ellipse
Trigonométrique (anomalie excentrique)
\[ \begin{cases}x=a\cos t\\ y=b\sin t\end{cases}\qquad t\in[0,2\pi[ \]\(t\) n'est pas l'angle polaire du point : c'est l'angle du point correspondant sur le cercle principal (l'ellipse est l'image du cercle par l'affinité de rapport \(b/a\)). Lien avec l'angle polaire \(\varphi\) mesuré depuis le centre : \(\tan\varphi=\dfrac{b}{a}\tan t\).
Rationnel
\[ x=a\,\frac{1-u^{2}}{1+u^{2}},\qquad y=b\,\frac{2u}{1+u^{2}},\qquad u=\tan\frac{t}{2} \]Manque le point \((-a,0)\) (limite \(u\to\infty\)). Utile pour les primitives de fractions rationnelles et les points rationnels.
Vecteurs cinématiques
\[ \vec{v}=(-a\sin t,\;b\cos t),\qquad \|\vec{v}\|=\sqrt{a^{2}\sin^{2}t+b^{2}\cos^{2}t}=a\sqrt{1-e^{2}\cos^{2}t} \]Hyperbole
Hyperbolique
\[ \begin{cases}x=\varepsilon\,a\,\mathrm{ch}\,t\\ y=b\,\mathrm{sh}\,t\end{cases}\qquad t\in\R,\ \varepsilon=\pm1 \]\(\varepsilon=+1\) donne la branche droite, \(\varepsilon=-1\) la gauche : un paramétrage par branche (contrairement à l'ellipse, connexe). Identité utilisée : \(\mathrm{ch}^{2}t-\mathrm{sh}^{2}t=1\).
Trigonométrique
\[ x=\frac{a}{\cos t},\quad y=b\tan t,\qquad t\in\left]-\tfrac{\pi}{2},\tfrac{\pi}{2}\right[\ \cup\ \left]\tfrac{\pi}{2},\tfrac{3\pi}{2}\right[ \]Repère asymptotique
\[ X=\frac{a}{2}\,\mathrm{e}^{\,t}\!\cdot\!\sqrt{2},\quad\text{ou plus simplement } XY=\text{cte} \]Dans le repère porté par les asymptotes, l'hyperbole s'écrit \(XY=k\) : paramétrage \((\lambda,k/\lambda)\), \(\lambda\in\R^{*}\).
Aire du secteur
Le paramètre \(t\) mesure une aire, non un angle : le secteur \(OSM\) a pour aire \(\dfrac{ab}{2}t\) (analogue exact de l'ellipse).
Parabole
Polynomial
\[ \begin{cases}x=\dfrac{t^{2}}{2p}\\ y=t\end{cases}\qquad t\in\R \]Le seul paramétrage polynomial et bijectif des trois coniques : c'est une courbe rationnelle de degré 2, ce qui explique son rôle privilégié en calcul (courbes de Bézier quadratiques).
Par le coefficient directeur
En posant \(m=\dfrac{p}{t}\) = pente de la tangente au point de paramètre \(t\) :
\[ M=\left(\frac{p}{2m^{2}},\;\frac{p}{m}\right) \]Chaque pente non nulle est atteinte exactement une fois : la parabole est le graphe de la dérivée, bijectif.
Paramétrage unifié par l'anomalie vraie
Depuis le foyer, avec l'anomalie vraie \(\nu\) (angle polaire) :
\[ M=F+\frac{p}{1+e\cos\nu}\bigl(\cos\nu,\;\sin\nu\bigr) \]Valable pour les trois coniques sans distinction. Relation avec l'anomalie excentrique \(E\) (ellipse) :
\[ \tan\frac{\nu}{2}=\sqrt{\frac{1+e}{1-e}}\;\tan\frac{E}{2} \]et l'équation de Kepler relie \(E\) au temps : \(M_{\text{a}}=E-e\sin E\) (voir § 16).
Tangentes, normales, polaires
La règle de dédoublement fournit toutes les tangentes d'un coup, sans dérivation.
Règle de dédoublement
Dans l'équation d'une conique, on remplace :
| \(x^{2}\) | \(\longrightarrow\;x\,x_{0}\) | \(y^{2}\) | \(\longrightarrow\;y\,y_{0}\) |
|---|---|---|---|
| \(xy\) | \(\longrightarrow\;\dfrac{xy_{0}+x_{0}y}{2}\) | \(x\) | \(\longrightarrow\;\dfrac{x+x_{0}}{2}\) |
| \(y\) | \(\longrightarrow\;\dfrac{y+y_{0}}{2}\) | cte | inchangée |
Le résultat est la tangente en \(M_{0}\) si \(M_{0}\) appartient à la conique, et la polaire de \(M_{0}\) sinon. Si \(M_0\) est extérieur, sa polaire est la corde de contact des deux tangentes issues de \(M_0\).
Ellipse
Tangente en \(M_{0}(x_{0},y_{0})\)
\[ \frac{xx_{0}}{a^{2}}+\frac{yy_{0}}{b^{2}}=1 \]Tangente au point de paramètre \(t\)
\[ \frac{x\cos t}{a}+\frac{y\sin t}{b}=1 \]Normale en \(M_{0}\)
\[ \frac{a^{2}x}{x_{0}}-\frac{b^{2}y}{y_{0}}=a^{2}-b^{2}=c^{2}\qquad (x_{0}y_{0}\neq0) \]Condition de tangence de \(y=mx+q\)
\[ q^{2}=a^{2}m^{2}+b^{2} \]Les deux tangentes de pente \(m\) sont \(y=mx\pm\sqrt{a^{2}m^{2}+b^{2}}\) (parallèles, symétriques par rapport au centre).
Hyperbole
Tangente en \(M_{0}\)
\[ \frac{xx_{0}}{a^{2}}-\frac{yy_{0}}{b^{2}}=1 \]Normale en \(M_{0}\)
\[ \frac{a^{2}x}{x_{0}}+\frac{b^{2}y}{y_{0}}=a^{2}+b^{2}=c^{2} \]Condition de tangence de \(y=mx+q\)
\[ q^{2}=a^{2}m^{2}-b^{2}\qquad\text{avec } |m|\gt\frac{b}{a} \]La contrainte sur \(m\) est structurelle : aucune droite de pente inférieure à celle des asymptotes ne peut être tangente.
Sur \(XY=k\)
\[ \text{tangente en }(x_{0},y_{0}) : \; xy_{0}+x_{0}y=2k \]Parabole
Tangente en \(M_{0}\)
\[ yy_{0}=p\,(x+x_{0}) \]Normale en \(M_{0}\)
\[ y-y_{0}=-\frac{y_{0}}{p}(x-x_{0}) \]Condition de tangence de \(y=mx+q\)
\[ q=\frac{p}{2m}\qquad (m\neq0) \]Une seule tangente par pente non nulle : l'application « pente \(\mapsto\) point de contact » est bijective sur \(\R^*\).
Éléments métriques
- Sous-tangente : \(2x_{0}\)
- Sous-normale : \(p\) (constante)
- Tangente au sommet : l'axe \((Oy)\)
Nombre de tangentes issues d'un point
- \(M_{0}\) intérieur (au sens de la région contenant le foyer) : aucune tangente réelle.
- \(M_{0}\) sur la conique : une tangente.
- \(M_{0}\) extérieur : deux tangentes, dont la corde de contact est la polaire de \(M_{0}\).
Critère pratique pour l'ellipse : \(M_0\) est intérieur si \(\dfrac{x_{0}^{2}}{a^{2}}+\dfrac{y_{0}^{2}}{b^{2}}\lt1\).
Tangentes issues d'un point extérieur \((x_1,y_1)\)
Écrire \(y=m(x-x_{1})+y_{1}\), c.-à-d. \(q=y_{1}-mx_{1}\), et injecter dans la condition de tangence : on obtient une équation du second degré en \(m\) dont le discriminant est positif exactement pour les points extérieurs.
Propriétés focales et cercles associés
Ce sont ces propriétés qui font des coniques des objets de physique : miroirs, antennes, orbites, lithotripsie.
Propriété de réflexion
- Ellipse : la normale en \(M\) est la bissectrice intérieure de l'angle \(\widehat{FMF'}\). Tout rayon issu de \(F\) se réfléchit sur la courbe en passant par \(F'\). (Chambres à écho, lithotripteurs.)
- Hyperbole : la tangente en \(M\) est la bissectrice intérieure de \(\widehat{FMF'}\). Un rayon dirigé vers \(F\) se réfléchit en semblant venir de \(F'\). (Télescope Cassegrain.)
- Parabole : la tangente fait des angles égaux avec \(FM\) et avec la direction de l'axe. Tout rayon issu du foyer repart parallèlement à l'axe, et réciproquement. (Paraboles, phares, fours solaires.)
Cercle principal (podaire focale)
Lieu des projetés orthogonaux d'un foyer sur les tangentes :
\[ x^{2}+y^{2}=a^{2}\quad(\text{ellipse et hyperbole}) \]Pour la parabole, ce lieu dégénère en la tangente au sommet. C'est la traduction du fait que le cercle principal a un rayon \(a\to\infty\).
Produit des distances focales à une tangente
\[ d(F,T)\cdot d(F',T)=b^{2} \]Constante, pour l'ellipse comme pour l'hyperbole. Se démontre en une ligne avec la condition de tangence \(q^{2}=a^{2}m^{2}\pm b^{2}\).
Cercle directeur
Cercle de centre \(F'\) et de rayon \(2a\). Propriétés :
- Le symétrique de \(F\) par rapport à une tangente quelconque appartient au cercle directeur.
- La conique est le lieu des centres des cercles passant par \(F\) et tangents au cercle directeur — définition « par tangence » très utile en construction.
- Pour la parabole (\(a\to\infty\)), le cercle directeur devient la directrice : le symétrique du foyer par rapport à une tangente décrit la directrice.
Cercle orthoptique (cercle de Monge)
Lieu des points d'où l'on voit la conique sous un angle droit, c'est-à-dire d'où les deux tangentes sont perpendiculaires :
\[ \text{Ellipse}:\;x^{2}+y^{2}=a^{2}+b^{2} \] \[ \text{Hyperbole}:\;x^{2}+y^{2}=a^{2}-b^{2}\quad (\text{vide si }a\le b) \] \[ \text{Parabole}:\;\text{la directrice} \]Démonstration : deux droites \(y=m_ix+q_i\) tangentes avec \(m_1m_2=-1\) ; en éliminant via \(q^{2}=a^{2}m^{2}+b^{2}\), le point d'intersection vérifie \(x^{2}+y^{2}=a^{2}+b^{2}\).
Autres propriétés focales
- Angle sous lequel on voit le latus rectum : la corde focale minimale d'une parabole est le latus rectum, de longueur \(2p\).
- Cercle podaire par rapport au centre : le lieu des projetés du centre sur les tangentes est la courbe \((x^{2}+y^{2})^{2}=a^{2}x^{2}+b^{2}y^{2}\) — pour l'ellipse. C'est une courbe de degré 4 (ovale de Booth), pas une conique.
- Coniques homofocales : la famille \(\dfrac{x^{2}}{a^{2}+\lambda}+\dfrac{y^{2}}{b^{2}+\lambda}=1\) partage les mêmes foyers ; ellipses pour \(\lambda\gt-b^{2}\), hyperboles pour \(-a^{2}\lt\lambda\lt-b^{2}\). Par tout point du plan passent exactement une ellipse et une hyperbole de la famille, et elles s'y coupent orthogonalement : c'est un système de coordonnées elliptiques.
- Cercle circonscrit à un triangle autopolaire : les cercles orthoptiques de toutes les coniques inscrites dans un même triangle sont orthogonaux au cercle circonscrit.
Diamètres conjugués — théorème d'Apollonius
La notion affine centrale : ce qui reste vrai d'une conique quand on l'a déformée par une application linéaire.
Définition et relation des pentes
Un diamètre est une corde passant par le centre. Deux diamètres sont conjugués si chacun coupe en leur milieu toutes les cordes parallèles à l'autre — de manière équivalente, si la tangente à l'extrémité de l'un est parallèle à l'autre.
\[ \text{Ellipse}:\;m\,m'=-\frac{b^{2}}{a^{2}}=-(1-e^{2}) \qquad\qquad \text{Hyperbole}:\;m\,m'=+\frac{b^{2}}{a^{2}} \]Pour le cercle (\(a=b\)) : \(mm'=-1\), les diamètres conjugués sont les diamètres perpendiculaires. Les axes sont l'unique paire de diamètres conjugués orthogonaux d'une ellipse non circulaire.
Paramétrage
Si \(P=(a\cos t,\,b\sin t)\), l'extrémité du diamètre conjugué est \(D=(-a\sin t,\,b\cos t)\), soit \(t'=t+\pi/2\) sur le cercle principal.
Théorème d'Apollonius
Pour tout couple de demi-diamètres conjugués \(OP=a'\), \(OD=b'\) d'une ellipse :
\[ a'^{2}+b'^{2}=a^{2}+b^{2} \qquad\text{(somme des carrés constante)} \] \[ \mathcal{A}(OPQD)=a'b'\sin\varphi=ab \qquad\text{(aire du parallélogramme constante)} \]où \(\varphi\) est l'angle entre les deux demi-diamètres. Le parallélogramme des tangentes aux quatre extrémités a donc l'aire constante \(4ab\).
Application : retrouver les axes
Connaissant deux demi-diamètres conjugués \(a',b'\) et leur angle \(\varphi\), la construction de Rytz restitue les axes \(a,b\) à la règle et au compas ; analytiquement, \(a,b\) sont les racines de
\[ X^{2}-(a'^{2}+b'^{2})\,X+ (a'b'\sin\varphi)^{2}=0 \quad\text{en posant } X=a^{2}\text{ ou } b^{2}. \]Courbure, cercle osculateur, développée
Formules valables avec la convention \(R=\|\vec{v}\|^{3}/\,|\det(\vec{v},\vec{a})|\) (rayon de courbure non signé).
Ellipse
\[ R(t)=\frac{\left(a^{2}\sin^{2}t+b^{2}\cos^{2}t\right)^{3/2}}{ab} \]En coordonnées cartésiennes et en rayons focaux :
\[ R=a^{2}b^{2}\left(\frac{x^{2}}{a^{4}}+\frac{y^{2}}{b^{4}}\right)^{3/2}=\frac{(MF\cdot MF')^{3/2}}{ab} \]Aux sommets
\[ R(\pm a,0)=\frac{b^{2}}{a}=p\ (\text{minimum}),\qquad R(0,\pm b)=\frac{a^{2}}{b}\ (\text{maximum}) \]Développée : une astroïde de Lamé
\[ (ax)^{2/3}+(by)^{2/3}=(a^{2}-b^{2})^{2/3}=c^{4/3} \]Paramétrage : \(\left(\dfrac{c^{2}}{a}\cos^{3}t,\;-\dfrac{c^{2}}{b}\sin^{3}t\right)\). Ses quatre points de rebroussement correspondent aux quatre sommets de l'ellipse (théorème des quatre sommets).
Hyperbole
\[ R(t)=\frac{\left(a^{2}\,\mathrm{sh}^{2}t+b^{2}\,\mathrm{ch}^{2}t\right)^{3/2}}{ab} \] \[ R=a^{2}b^{2}\left(\frac{x^{2}}{a^{4}}+\frac{y^{2}}{b^{4}}\right)^{3/2}=\frac{(MF\cdot MF')^{3/2}}{ab} \]Au sommet : \(R(\pm a,0)=\dfrac{b^{2}}{a}=p\), qui est cette fois le minimum ; \(R\to+\infty\) le long des branches (la courbe s'aplatit sur ses asymptotes).
Développée
\[ (ax)^{2/3}-(by)^{2/3}=(a^{2}+b^{2})^{2/3}=c^{4/3} \]Parabole
\[ R(x)=\frac{\left(p^{2}+2px\right)^{3/2}}{p^{2}}=\frac{2\sqrt2\,(MF)^{3/2}}{\sqrt p} \]Au sommet : \(R(0)=p\). Le rayon de courbure croît comme \(x^{3/2}\), donc sans borne.
Développée : parabole semi-cubique de Neile
\[ 27\,p\,y^{2}=8\,(x-p)^{3} \]Paramétrage : \(\left(p+\dfrac{3t^{2}}{2p},\;-\dfrac{t^{3}}{p^{2}}\right)\) pour le point courant \(\left(\tfrac{t^{2}}{2p},t\right)\). Le point de rebroussement est le centre de courbure du sommet, en \((p,0)\).
Formules générales de rappel
Courbe paramétrée
\[ R=\frac{\left(x'^{2}+y'^{2}\right)^{3/2}}{\left|x'y''-y'x''\right|} \]Graphe \(y=f(x)\)
\[ R=\frac{\left(1+y'^{2}\right)^{3/2}}{|y''|} \]Centre de courbure
\[ \Omega=M+R\,\vec{n},\qquad \vec{n}=\frac{1}{\|\vec v\|}\bigl(-y',\,x'\bigr)\ \text{orienté vers la concavité} \]La développée est le lieu des centres de courbure ; c'est aussi l'enveloppe des normales à la courbe.
Aires, longueurs, volumes
Une seule de ces quantités n'est pas élémentaire : le périmètre de l'ellipse. C'est l'origine historique des fonctions elliptiques.
Ellipse — aires
\[ \mathcal{A}=\pi ab \]Immédiat par l'affinité de rapport \(b/a\) appliquée au disque \(\pi a^{2}\).
Secteur depuis le centre
\[ \mathcal{A}(t_{1},t_{2})=\frac{ab}{2}\,(t_{2}-t_{1})\qquad (t=\text{anomalie excentrique}) \]Segment à droite de \(x=x_{0}\)
\[ \mathcal{A}=ab\left[\arccos\frac{x_{0}}{a}-\frac{x_{0}}{a}\sqrt{1-\frac{x_{0}^{2}}{a^{2}}}\right] \]Secteur depuis le foyer (aire balayée)
\[ \mathcal{A}=\frac{ab}{2}\bigl(E-e\sin E\bigr)\quad\text{entre le péricentre et l'anomalie } E \]C'est exactement la loi des aires de Kepler : l'aire balayée est proportionnelle à l'anomalie moyenne, donc au temps.
Ellipse — périmètre
\[ P=4a\,E(e)=4a\int_{0}^{\pi/2}\sqrt{1-e^{2}\sin^{2}\theta}\;\d\theta \]\(E\) est l'intégrale elliptique complète de seconde espèce : elle ne s'exprime pas par fonctions élémentaires (résultat dû à Liouville).
Développement en série
\[ P=2\pi a\left[1-\sum_{n=1}^{\infty}\left(\frac{(2n)!}{2^{2n}(n!)^{2}}\right)^{2}\frac{e^{2n}}{2n-1}\right]=2\pi a\left[1-\frac{e^{2}}{4}-\frac{3e^{4}}{64}-\cdots\right] \]Approximations de Ramanujan (1914)
\[ P_{1}\approx\pi\Bigl[3(a+b)-\sqrt{(3a+b)(a+3b)}\Bigr] \] \[ P_{2}\approx\pi(a+b)\left[1+\frac{3h}{10+\sqrt{4-3h}}\right],\qquad h=\left(\frac{a-b}{a+b}\right)^{2} \]\(P_{2}\) est remarquablement précise : erreur relative inférieure à \(1{,}5\times10^{-8}\) pour \(e\le0{,}9\), et encore \(\lt 0{,}04\,\%\) pour \(e\to1\).
Parabole
Quadrature d'Archimède
L'aire du segment parabolique délimité par une corde vaut 4/3 de l'aire du triangle inscrit ayant même corde pour base et pour sommet le point où la tangente est parallèle à la corde ; de manière équivalente, 2/3 du parallélogramme circonscrit.
\[ \mathcal{A}=\frac{4}{3}\,\mathcal{A}_{\text{triangle}}=\frac{2}{3}\,\mathcal{A}_{\text{parallélogramme}} \]Cas particulier utile pour \(y=\alpha x^2+\beta x+\gamma\) coupée par une droite en \(x_{1}\lt x_{2}\) :
\[ \mathcal{A}=\frac{|\alpha|\,(x_{2}-x_{1})^{3}}{6} \]Longueur d'arc
Pour \(y^{2}=2px\), de \(0\) à l'ordonnée \(y\) :
\[ L=\frac{y}{2}\sqrt{1+\frac{y^{2}}{p^{2}}}+\frac{p}{2}\,\mathrm{argsh}\frac{y}{p} \]La parabole est ainsi l'une des rares courbes transcendantes rectifiables élémentairement.
Hyperbole
Secteur hyperbolique
\[ \mathcal{A}=\frac{ab}{2}\,t\quad\text{pour }M=(a\,\mathrm{ch}\,t,\,b\,\mathrm{sh}\,t) \]Réciproquement, \(t=\dfrac{2\mathcal{A}}{ab}\) : c'est la définition géométrique des fonctions hyperboliques, exact pendant de l'angle circulaire.
Aire sous \(xy=k\)
\[ \int_{x_{1}}^{x_{2}}\frac{k}{x}\,\d x=k\ln\frac{x_{2}}{x_{1}} \]Origine historique du logarithme (Grégoire de Saint-Vincent, 1647) : l'aire sous l'hyperbole transforme les produits en sommes.
Aire entre la courbe et une asymptote
Elle diverge logarithmiquement ; en revanche l'aire du triangle « tangente + deux asymptotes » est constante, égale à \(ab\).
Solides de révolution
Ellipsoïdes (rotation de l'ellipse)
\[ V_{\text{allongé}}=\frac{4}{3}\pi ab^{2}\ \ (\text{autour de }2a),\qquad V_{\text{aplati}}=\frac{4}{3}\pi a^{2}b\ \ (\text{autour de }2b) \]Surfaces latérales, avec \(e=c/a\) :
\[ S_{\text{allongé}}=2\pi b^{2}+\frac{2\pi ab}{e}\arcsin e \] \[ S_{\text{aplati}}=2\pi a^{2}+\frac{\pi b^{2}}{e}\ln\frac{1+e}{1-e} \]Paraboloïde de révolution
Rotation de \(y^{2}=2px\) autour de \((Ox)\), tronqué en \(x=h\) :
\[ V=\pi p h^{2},\qquad S=\frac{2\pi\sqrt{p}}{3}\left[(p+2h)^{3/2}-p^{3/2}\right]=\frac{2\pi p^{2}}{3}\left[\left(1+\frac{2h}{p}\right)^{3/2}-1\right] \]Le volume du paraboloïde vaut exactement la moitié du cylindre circonscrit — résultat d'Archimède, et raison pour laquelle un liquide en rotation forme une surface parabolique de volume calculable.
Équation générale du second degré — réduction
Méthode complète, sans cas oubliés : invariants, classification, centre, rotation, équation réduite.
Écriture matricielle
On part de
\[ q(x,y)=Ax^{2}+Bxy+Cy^{2}+Dx+Ey+F=0 \]et l'on pose \(a_{11}=A,\; a_{12}=\tfrac{B}{2},\; a_{22}=C,\; a_{13}=\tfrac{D}{2},\; a_{23}=\tfrac{E}{2},\; a_{33}=F\). Alors, en coordonnées homogènes \(X={}^{t}(x,y,1)\) :
\[ q(x,y)={}^{t}XMX,\qquad M=\begin{pmatrix}a_{11}&a_{12}&a_{13}\\ a_{12}&a_{22}&a_{23}\\ a_{13}&a_{23}&a_{33}\end{pmatrix},\qquad A_{q}=\begin{pmatrix}a_{11}&a_{12}\\ a_{12}&a_{22}\end{pmatrix} \]Les trois invariants
\[ \Delta=\det M \quad(\text{invariant par tout déplacement}) \] \[ \delta=\det A_{q}=a_{11}a_{22}-a_{12}^{2}=\frac{4AC-B^{2}}{4} \] \[ S=\operatorname{tr}A_{q}=a_{11}+a_{22}=A+C \]\(\Delta\) et \(\delta\) sont invariants par rotation et translation ; \(S\) l'est par rotation seulement (il change si l'on dilate). Attention au signe : \(\delta\) et \(B^{2}-4AC\) sont de signes opposés.
Classification complète
| \(\delta\) | \(\Delta\) | Condition | Nature |
|---|---|---|---|
| > 0 | ≠ 0 | \(S\Delta\lt0\) | Ellipse réelle (cercle si \(A=C,\ B=0\)) |
| > 0 | ≠ 0 | \(S\Delta\gt0\) | Ellipse imaginaire (aucun point réel) |
| > 0 | = 0 | — | Un point (deux droites imaginaires conjuguées) |
| < 0 | ≠ 0 | — | Hyperbole (équilatère si \(S=0\)) |
| < 0 | = 0 | — | Deux droites sécantes |
| = 0 | ≠ 0 | — | Parabole |
| = 0 | = 0 | \(\Delta_{1}\lt0\) | Deux droites parallèles distinctes |
| = 0 | = 0 | \(\Delta_{1}=0\) | Une droite double |
| = 0 | = 0 | \(\Delta_{1}\gt0\) | Deux droites parallèles imaginaires |
avec le sous-invariant \(\Delta_{1}=\bigl(a_{11}a_{33}-a_{13}^{2}\bigr)+\bigl(a_{22}a_{33}-a_{23}^{2}\bigr)\).
Résumé opératoire : \(\delta\) donne le genre, \(\Delta\) dit si la conique est propre (\(\Delta\neq0\)) ou dégénérée (\(\Delta=0\)), \(S\) départage réel et imaginaire dans le genre ellipse.
Centre (cas \(\delta\neq0\))
Le centre annule les deux dérivées partielles ; il est solution du système linéaire
\[ \begin{cases}a_{11}x+a_{12}y+a_{13}=0\\ a_{12}x+a_{22}y+a_{23}=0\end{cases} \] \[ x_{0}=\frac{a_{12}a_{23}-a_{13}a_{22}}{\delta},\qquad y_{0}=\frac{a_{12}a_{13}-a_{11}a_{23}}{\delta} \]Après translation en \(\Omega(x_{0},y_{0})\), les termes du premier degré disparaissent et le terme constant devient \(\dfrac{\Delta}{\delta}\).
Rotation éliminant le terme croisé
\[ \tan 2\theta=\frac{B}{A-C}\quad\Longleftrightarrow\quad \cot 2\theta=\frac{A-C}{B} \]Si \(A=C\), prendre \(\theta=\dfrac{\pi}{4}\). Les axes de la conique portent les vecteurs propres de \(A_{q}\).
Équations réduites
Soient \(\lambda_{1},\lambda_{2}\) les valeurs propres de \(A_{q}\) :
\[ \lambda_{1,2}=\frac{S\pm\sqrt{(A-C)^{2}+B^{2}}}{2},\qquad \lambda_{1}\lambda_{2}=\delta,\ \lambda_{1}+\lambda_{2}=S \]Conique à centre (\(\delta\neq0\))
\[ \lambda_{1}X^{2}+\lambda_{2}Y^{2}+\frac{\Delta}{\delta}=0 \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{X^{2}}{\;-\Delta/(\delta\lambda_{1})\;}+\frac{Y^{2}}{\;-\Delta/(\delta\lambda_{2})\;}=1 \]Les demi-axes sont les racines carrées des dénominateurs positifs.
Parabole (\(\delta=0,\ \Delta\neq0\))
\[ Y^{2}=2p\,X\qquad\text{avec}\qquad p=\sqrt{-\frac{\Delta}{S^{3}}} \](La quantité sous la racine est toujours positive dans ce cas.)
Excentricité
Une fois \(a\) et \(b\) lus sur l'équation réduite : \(e=\sqrt{1-b^{2}/a^{2}}\) (ellipse) ou \(e=\sqrt{1+b^{2}/a^{2}}\) (hyperbole).
Algorithme de réduction, pas à pas
- Écrire \(M\), \(A_{q}\) ; calculer \(\delta\), \(\Delta\), \(S\).
- Classer avec le tableau ci-dessus. S'arrêter si la conique est dégénérée (et factoriser l'équation en produit de deux formes affines).
- Si \(\delta\neq0\) : calculer le centre, translater ; si \(\delta=0\) : passer directement à la rotation.
- Diagonaliser \(A_{q}\) : valeurs propres \(\lambda_{i}\), vecteurs propres orthonormés \(\vec u_{1},\vec u_{2}\) — ils donnent les axes.
- Écrire l'équation réduite, en déduire \(a\), \(b\), \(p\), \(e\), foyers et directrices dans le repère propre.
- Revenir au repère initial par la rotation puis la translation inverses pour situer foyers et sommets.
Classer une conique — calculateur
Entrez les six coefficients de \(Ax^{2}+Bxy+Cy^{2}+Dx+Ey+F=0\). Les calculs appliquent exactement l'algorithme du § 14.
Coniques et mécanique céleste
Le problème à deux corps produit exactement les coniques — et rien d'autre. C'est la plus belle application du formulaire.
Trajectoire képlérienne
Pour un corps soumis à la seule attraction \(\vec F=-\dfrac{\mu m}{r^{2}}\,\vec u_{r}\), avec \(\mu=G(m_{1}+m_{2})\) :
\[ r=\frac{p}{1+e\cos\nu},\qquad p=\frac{h^{2}}{\mu},\qquad h=\|\vec r\wedge\vec v\|\ (\text{moment cinétique massique}) \]Le foyer est occupé par le corps attracteur (1re loi de Kepler). L'excentricité se lit dans l'énergie massique \(\varepsilon=\dfrac{v^{2}}{2}-\dfrac{\mu}{r}\) :
\[ e=\sqrt{1+\frac{2\varepsilon h^{2}}{\mu^{2}}} \]| Énergie \(\varepsilon\) | \(e\) | Trajectoire | Vitesse à l'infini |
|---|---|---|---|
| \(\varepsilon\lt0\) | \(0\le e\lt1\) | ellipse (état lié) | — |
| \(\varepsilon=0\) | \(e=1\) | parabole (libération limite) | \(v_{\infty}=0\) |
| \(\varepsilon\gt0\) | \(e\gt1\) | hyperbole (état libre) | \(v_{\infty}=\sqrt{2\varepsilon}\) |
Relations énergétiques
\[ \varepsilon=-\frac{\mu}{2a}\quad(\text{ellipse}),\qquad \varepsilon=+\frac{\mu}{2a}\quad(\text{hyperbole}) \]Équation de la force vive (vis-viva)
\[ v^{2}=\mu\left(\frac{2}{r}-\frac{1}{a}\right) \]Cas particuliers : orbite circulaire \(v=\sqrt{\mu/r}\) ; vitesse de libération \(v_{\text{lib}}=\sqrt{2\mu/r}\) (cas \(a\to\infty\), parabole), soit \(\sqrt2\) fois la vitesse circulaire.
Vitesses aux apsides
\[ v_{\text{péri}}=\sqrt{\frac{\mu}{a}\cdot\frac{1+e}{1-e}},\qquad v_{\text{apo}}=\sqrt{\frac{\mu}{a}\cdot\frac{1-e}{1+e}} \]Avec la conservation \(r_{\text{p}}v_{\text{p}}=r_{\text{a}}v_{\text{a}}\) (moment cinétique).
Les trois lois de Kepler
- I — Loi des orbites
- Trajectoire elliptique dont le Soleil occupe un foyer.
- II — Loi des aires
- \(\dfrac{\d\mathcal{A}}{\d t}=\dfrac{h}{2}=\text{cte}\) : conséquence directe de la conservation du moment cinétique, valable pour toute force centrale.
- III — Loi des périodes
- \(\dfrac{T^{2}}{a^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{\mu}\), soit \(T=2\pi\sqrt{\dfrac{a^{3}}{\mu}}\).
Équation de Kepler
\[ M_{\text{a}}=E-e\sin E,\qquad M_{\text{a}}=\frac{2\pi}{T}(t-t_{p}) \]Transcendante en \(E\) : elle se résout numériquement (Newton), ce qui a motivé des siècles d'analyse. Puis \(r=a(1-e\cos E)\) et \(\tan\dfrac{\nu}{2}=\sqrt{\dfrac{1+e}{1-e}}\tan\dfrac{E}{2}\).
Autres apparitions physiques
- Balistique : sans frottement et en champ uniforme, la trajectoire est une parabole d'axe vertical, de paramètre \(p=\dfrac{v_{0}^{2}\cos^{2}\alpha}{g}\), de portée \(\dfrac{v_{0}^{2}\sin2\alpha}{g}\). (En champ newtonien exact, c'est en réalité un arc d'ellipse très excentrique.)
- Diffusion de Rutherford : une particule chargée repoussée par un noyau décrit une hyperbole dont le noyau occupe le foyer extérieur à la branche parcourue.
- Antennes et miroirs : la propriété de réflexion parabolique donne les paraboles satellite ; le couple parabole–hyperbole donne le télescope Cassegrain ; l'ellipsoïde donne le lithotripteur (les ondes de choc émises en \(F\) se concentrent sur le calcul rénal placé en \(F'\)).
- Corde pesante : attention, une chaînette est une \(\cosh\), pas une parabole ; en revanche le câble d'un pont suspendu chargé uniformément en horizontal est bien une parabole.
- Ondes de choc : le cône de Mach coupé par le sol dessine une hyperbole — le « bang » supersonique balaie une hyperbole au sol.
Compléments projectifs et aide-mémoire
Le point de vue qui unifie tout : en géométrie projective, il n'y a qu'une seule conique.
Point de vue projectif
Dans \(\mathbb{P}^{2}(\R)\), une conique est le lieu \({}^{t}XMX=0\) avec \(M\) symétrique non nulle. La distinction ellipse / parabole / hyperbole dépend uniquement de la position relative de la courbe et de la droite de l'infini \(\mathcal{D}_{\infty}\) :
- Ellipse : aucun point réel sur \(\mathcal{D}_{\infty}\) ;
- Parabole : tangente à \(\mathcal{D}_{\infty}\) (un point double) ;
- Hyperbole : deux points réels sur \(\mathcal{D}_{\infty}\) — les directions asymptotiques.
Toutes les coniques propres sont projectivement équivalentes : une homographie transforme n'importe laquelle en cercle. Les propriétés projectives (alignement, tangence, birapport) se transportent ; les propriétés métriques (foyers, excentricité, angles) non.
Théorèmes classiques
- Cinq points
- Par cinq points en position générale (jamais quatre alignés) passe une conique et une seule. Son équation est donnée par un déterminant \(6\times6\) annulé.
- Pascal (1640)
- Pour un hexagone inscrit dans une conique, les trois points d'intersection des côtés opposés sont alignés (« droite de Pascal »).
- Brianchon
- Dual du précédent : pour un hexagone circonscrit, les trois diagonales principales sont concourantes.
- Faisceau de coniques
- Si \(q_{1}=0\) et \(q_{2}=0\) sont deux coniques, \(\lambda q_{1}+\mu q_{2}=0\) décrit toutes les coniques passant par leurs quatre points communs.
- Poncelet
- Si un polygone est inscrit dans une conique et circonscrit à une autre, il en existe une infinité (« porisme de fermeture »).
Aide-mémoire : les 12 formules à ne jamais chercher
| Définition unifiée | \(MF=e\cdot d(M,\mathcal{D})\) |
|---|---|
| Polaire focale | \(r=\dfrac{p}{1+e\cos\theta}\) |
| Ellipse | \(a^{2}=b^{2}+c^{2}\), \(e=c/a\), \(MF+MF'=2a\) |
| Hyperbole | \(c^{2}=a^{2}+b^{2}\), \(e=c/a\), \(|MF-MF'|=2a\) |
| Parabole | \(y^{2}=2px\), \(F(p/2,0)\), \(\mathcal{D}:x=-p/2\) |
| Paramètre | \(p=\dfrac{b^{2}}{a}=a|1-e^{2}|\) ; latus rectum \(=2p\) |
| Directrices | \(x=\pm\dfrac{a}{e}\) |
| Asymptotes | \(y=\pm\dfrac{b}{a}x\) |
| Tangente (dédoublement) | \(x^{2}\to xx_{0}\), \(y^{2}\to yy_{0}\), \(x\to\frac{x+x_{0}}{2}\) |
| Aire de l'ellipse | \(\pi ab\) |
| Classification | \(\delta\) = genre, \(\Delta\) = propre ou dégénérée |
| Rayon de courbure au sommet | \(R=p\) (les trois coniques) |
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