Section 01
Bases du plan et repérage
Angles, droites, proportionnalité et distances. Sauf mention contraire, le plan est muni d'un repère orthonormé \((O;\vec\imath,\vec\jmath)\).
Angles et polygones
Deux angles opposés par le sommet sont égaux. Deux droites parallèles coupées par une sécante déterminent des angles alternes-internes et correspondants égaux — et réciproquement.
Somme des angles extérieurs d'un polygone convexe : \(360^\circ\), quel que soit \(n\).
Théorèmes fondateurs
\(M\in(AB)\), \(N\in(AC)\). Réciproque : si \(\frac{AM}{AB}=\frac{AN}{AC}\) et que les points sont dans le même ordre sur les demi-droites, alors \((MN)\parallel(BC)\). La condition d'ordre est indispensable.
L'équivalence contient le théorème et sa réciproque. Généralisation au triangle quelconque : loi des cosinus (§02).
Critères de similitude : deux angles égaux (AA) ; deux côtés proportionnels et l'angle compris égal (SAS) ; trois côtés proportionnels (SSS).
Repère et distances
Vecteur directeur \(\vec u(-b,a)\), vecteur normal \(\vec n(a,b)\). Pente \(m=-\frac ab\) si \(b\neq0\).
La forme par déterminant fonctionne même si la droite est verticale.
\(\theta\in\left[0,\frac\pi2\right]\) est l'angle géométrique (non orienté) entre les deux droites.
Section 02
Triangles
Notations : côtés \(a=BC,\ b=CA,\ c=AB\) opposés aux angles \(A,B,C\) ; \(p=\frac{a+b+c}{2}\) demi-périmètre ; \(\mathcal S\) aire ; \(R\) et \(r\) rayons des cercles circonscrit et inscrit.
Relations métriques
Condition nécessaire et suffisante d'existence d'un triangle non aplati. L'égalité \(a=b+c\) correspond à trois points alignés.
Usage : trois côtés connus, ou deux côtés et l'angle compris.
Usage : un côté et deux angles. Attention au cas ambigu (deux côtés et un angle non compris) qui peut admettre deux solutions.
Rectangle en \(A\), \(h\) hauteur issue de \(A\), \(m\) et \(n\) les projections de \(b\) et \(c\) sur l'hypoténuse \(a=m+n\).
\(I\) milieu de \([BC]\), valable pour tout point \(M\) du plan.
\(D\in[BC]\) avec \(BD=n\), \(DC=m\), \(AD=d\), \(a=m+n\). Contient comme cas particuliers le théorème de la médiane et le théorème de la bissectrice.
\(D\) pied de la bissectrice intérieure issue de \(A\). Longueur : \(\ell_a=\frac{2bc\cos\frac A2}{b+c}\).
Aires
Ne dépend que des trois côtés. Numériquement instable pour un triangle très aplati : préférer la forme de Kahan avec \(a\ge b\ge c\).
Sans la valeur absolue, le déterminant est l'aire algébrique : positive si \(A,B,C\) sont dans le sens direct.
Droites et points remarquables
| Droites | Point de concours | Propriété caractéristique |
|---|---|---|
| Médianes | Centre de gravité \(G\) | \(\overrightarrow{AG}=\frac23\overrightarrow{AA'}\) ; \(\overrightarrow{GA}+\overrightarrow{GB}+\overrightarrow{GC}=\vec0\) |
| Médiatrices | Circonscrit \(O\) | \(OA=OB=OC=R\) |
| Bissectrices intérieures | Inscrit \(I\) | équidistant des trois côtés, distance \(r\) |
| Hauteurs | Orthocentre \(H\) | \(\overrightarrow{OH}=\overrightarrow{OA}+\overrightarrow{OB}+\overrightarrow{OC}\) |
| Bissectrice int. + 2 ext. | Exinscrit \(I_a\) | rayon \(r_a=\frac{\mathcal S}{p-a}\) |
Donc \(\overrightarrow{GH}=-2\overrightarrow{GO}\). La droite est indéfinie si le triangle est équilatéral (les trois points sont confondus).
Il passe par : les 3 milieux des côtés, les 3 pieds des hauteurs, les 3 milieux de \([AH]\), \([BH]\), \([CH]\). Théorème de Feuerbach : il est tangent au cercle inscrit et aux trois cercles exinscrits.
Égalité si et seulement si le triangle est équilatéral.
Triangles particuliers
Génération : \(a=m^{2}-n^{2}\), \(b=2mn\), \(c=m^{2}+n^{2}\) avec \(m>n>0\). Le triangle \(30\)-\(60\)-\(90\) a pour côtés \(1,\sqrt3,2\) ; le \(45\)-\(45\)-\(90\) a pour côtés \(1,1,\sqrt2\).
Section 03
Quadrilatères et polygones
Chaque quadrilatère particulier se caractérise par ses diagonales : c'est la lecture la plus efficace pour les reconnaître et les démontrer.
| Figure | Caractérisation par les diagonales | Aire |
|---|---|---|
| Parallélogramme | se coupent en leur milieu | \(\mathcal S=b\,h=ab\sin\theta\) |
| Rectangle | milieu commun et même longueur | \(\mathcal S=L\ell\) |
| Losange | milieu commun et perpendiculaires | \(\mathcal S=\frac{d_1d_2}{2}=a^{2}\sin\theta\) |
| Carré | milieu commun, égales et perpendiculaires | \(\mathcal S=a^{2}=\frac{d^{2}}{2}\) |
| Cerf-volant | l'une est médiatrice de l'autre | \(\mathcal S=\frac{d_1d_2}{2}\) |
| Trapèze | deux côtés parallèles | \(\mathcal S=\frac{(B+b)h}{2}\) |
| Quelconque | — | \(\mathcal S=\frac{d_1d_2\sin\theta}{2}\) |
La somme des carrés des diagonales égale la somme des carrés des quatre côtés. Version vectorielle : \(\|\vec u+\vec v\|^{2}+\|\vec u-\vec v\|^{2}=2\|\vec u\|^{2}+2\|\vec v\|^{2}\).
Valable pour tout quadrilatère, même croisé ou non plan.
Un quadrilatère est circonscriptible (admet un cercle inscrit) si et seulement si \(a+c=b+d\) — théorème de Pitot.
Quadrilatère inscriptible uniquement. Cas dégénéré \(d=0\) : formule de Héron. Cas général (Bretschneider) : retrancher \(abcd\cos^{2}\frac{\widehat A+\widehat C}{2}\) sous la racine.
Égalité si et seulement si \(ABCD\) est inscriptible et convexe ; sinon, inégalité \(\le\) (inégalité de Ptolémée), valable pour quatre points quelconques.
Polygones
\(R\) rayon circonscrit, \(a_p\) apothème (rayon inscrit), \(c\) côté. Quand \(n\to\infty\), \(\mathcal S\to\pi R^{2}\).
Valable pour tout polygone simple (non croisé), convexe ou non, dont on connaît les sommets ordonnés.
Polygone simple dont les sommets sont à coordonnées entières ; \(i\) = points entiers intérieurs, \(b\) = points entiers sur le bord.
Section 04
Cercle
Équations, angles et puissance d'un point — l'outil qui unifie tangentes, sécantes et cocyclicité.
L'équation générale \(x^{2}+y^{2}+Dx+Ey+F=0\) définit un cercle réel si et seulement si \(D^{2}+E^{2}-4F>0\) ; un point si \(=0\) ; rien si \(<0\).
Le second est le paramétrage rationnel (\(s=\tan\frac t2\)) ; il manque le point \((x_0-R,y_0)\) mais permet de trouver tous les points rationnels du cercle.
Traduction analytique du théorème de l'angle inscrit dans un demi-cercle (théorème de Thalès sur le cercle).
Tous les angles inscrits interceptant le même arc sont égaux. Angle entre une tangente et une corde : également la moitié de l'arc intercepté.
Indépendante de la sécante \((AB)\) choisie. \(\mathcal P>0\) à l'extérieur, \(=0\) sur le cercle, \(<0\) à l'intérieur. Si \(M\) est extérieur et \(MT\) la tangente : \(\mathcal P=MT^{2}\).
S'obtient en soustrayant les deux équations de cercles. Les trois axes radicaux de trois cercles sont concourants au centre radical.
Tangente en \(M_1(x_1,y_1)\in\mathcal C\) : règle du dédoublement (remplacer \(x^{2}\) par \(x_1x\), etc.). Longueur de la tangente issue d'un point extérieur : \(\sqrt{MO^{2}-R^{2}}\).
Aire du segment circulaire (entre la corde et l'arc) : \(\frac{R^{2}}{2}(\theta-\sin\theta)\).
\(d=|R_1-R_2|\) : tangents intérieurement ; \(d<|R_1-R_2|\) : l'un est intérieur à l'autre.
Critère du birapport réel en écriture complexe. Critère angulaire équivalent : \(\widehat{(CA,CB)}=\widehat{(DA,DB)}\ [\pi]\).
Section 05
Coniques
Une seule définition les engendre toutes : le lieu des points dont le rapport des distances à un foyer et à une directrice vaut \(e\). L'excentricité \(e\) décide de la nature.
Le cercle est le cas limite \(e=0\) (directrice rejetée à l'infini).
Pôle au foyer, \(p\) paramètre. C'est la forme utilisée en mécanique céleste (première loi de Kepler).
Ellipse
Définition bifocale : \(MF+MF'=2a\). Paramétrage : \(x=a\cos t\), \(y=b\sin t\).
Le périmètre exact n'est pas élémentaire : c'est une intégrale elliptique \(4aE(e)\). L'approximation donnée est celle de Ramanujan, précise à \(10^{-5}\) près pour les excentricités usuelles.
Règle du dédoublement en \(M_1(x_1,y_1)\) sur la courbe. Propriété focale : la tangente fait des angles égaux avec les deux rayons focaux — un rayon issu d'un foyer se réfléchit vers l'autre.
Hyperbole
Définition bifocale : \(|MF-MF'|=2a\). Paramétrage : \(x=\pm a\operatorname{ch} t\), \(y=b\operatorname{sh} t\).
Parabole
Tangente en \(M_1\) : \(y_1y=p(x+x_1)\). Propriété focale : tout rayon parallèle à l'axe se réfléchit vers le foyer — principe du miroir parabolique et de l'antenne.
Classification générale
\(\delta<0\) : ellipse (cercle si \(A=C\) et \(B=0\)) ; \(\delta=0\) : parabole ; \(\delta>0\) : hyperbole. Cas dégénérés (point, droites, vide) si le déterminant \(3\times3\) associé s'annule.
Rotation d'angle \(\varphi\) des axes. Méthode équivalente : diagonaliser la matrice symétrique \(\begin{pmatrix}A&B/2\\ B/2&C\end{pmatrix}\), dont les valeurs propres donnent les demi-axes.
Section 06
Vecteurs et produits
Trois produits, trois usages : le scalaire mesure des angles et des projections, le vectoriel des aires et des directions normales, le mixte des volumes.
Bilinéaire, symétrique, défini positif. \(\vec u\perp\vec v\iff\vec u\cdot\vec v=0\).
Anticommutatif : \(\vec v\wedge\vec u=-\vec u\wedge\vec v\), et non associatif. Sa norme est l'aire du parallélogramme construit sur \(\vec u\) et \(\vec v\) ; il est orthogonal aux deux, orienté par la règle de la main droite.
Volume algébrique du parallélépipède. Nul si et seulement si les trois vecteurs sont coplanaires. Invariant par permutation circulaire, changé de signe par transposition.
Mnémonique « BAC moins CAB ». Identité de Jacobi : \(\vec u\wedge(\vec v\wedge\vec w)+\vec v\wedge(\vec w\wedge\vec u)+\vec w\wedge(\vec u\wedge\vec v)=\vec 0\).
Traduction de \(\cos^{2}+\sin^{2}=1\). Elle contient l'inégalité de Cauchy–Schwarz : \(|\vec u\cdot\vec v|\le\|\vec u\|\|\vec v\|\).
Nul si et seulement si \(\vec u\) et \(\vec v\) sont colinéaires. Signe positif si la base \((\vec u,\vec v)\) est directe.
Section 07
Géométrie analytique de l'espace
Repère orthonormé \((O;\vec\imath,\vec\jmath,\vec k)\). Le plan est piloté par son vecteur normal, la droite par son vecteur directeur : presque tout se ramène à un produit scalaire ou vectoriel.
Plan par trois points non alignés : \(\vec n=\overrightarrow{AB}\wedge\overrightarrow{AC}\), ou \(\det\big(\overrightarrow{AM},\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\big)=0\).
Dans l'espace, une droite ne se décrit pas par une seule équation cartésienne : c'est l'intersection de deux plans.
\(A\in\mathcal D\), \(\vec u\) vecteur directeur. Version plane : \(d=\frac{|\det(\overrightarrow{AM},\vec u)|}{\|\vec u\|}\).
Si \(\vec u_1\wedge\vec u_2=\vec0\) les droites sont parallèles : se ramener à une distance point–droite.
Noter le \(\sin\) pour l'angle droite–plan : c'est le complémentaire de l'angle entre \(\vec u\) et \(\vec n\).
Deux droites de l'espace peuvent être non coplanaires : ni sécantes, ni parallèles. Test : \(\big[\overrightarrow{A_1A_2},\vec u_1,\vec u_2\big]\neq0\).
Intersection sphère–plan : cercle de rayon \(\sqrt{R^{2}-d^{2}}\) si \(d=d(\Omega,\mathcal P)<R\) ; un point si \(d=R\) ; vide si \(d>R\).
Convention physique : \(\varphi\in[0,\pi]\) colatitude, \(\theta\in[0,2\pi[\) azimut. Éléments de volume : \(r\,dr\,d\theta\,dz\) et \(\rho^{2}\sin\varphi\,d\rho\,d\varphi\,d\theta\).
Section 08
Solides, aires et volumes
\(\mathcal B\) désigne l'aire d'une base, \(h\) la hauteur, \(a\) l'apothème ou la génératrice selon le solide.
| Solide | Volume | Aire latérale | Aire totale |
|---|---|---|---|
| Prisme droit | \(\mathcal B h\) | \(\mathcal P_{\text{base}}\,h\) | \(\mathcal S_{\text{lat}}+2\mathcal B\) |
| Pavé \(L\times\ell\times H\) | \(L\ell H\) | — | \(2(L\ell+LH+\ell H)\) |
| Cube d'arête \(a\) | \(a^{3}\) | — | \(6a^{2}\) ; diagonale \(a\sqrt3\) |
| Cylindre droit | \(\pi R^{2}h\) | \(2\pi Rh\) | \(2\pi R(R+h)\) |
| Pyramide | \(\frac13\mathcal B h\) | \(\frac12\mathcal P_{\text{base}}\,a\) | \(\mathcal S_{\text{lat}}+\mathcal B\) |
| Cône droit | \(\frac13\pi R^{2}h\) | \(\pi R a\), \(a=\sqrt{R^{2}+h^{2}}\) | \(\pi R(R+a)\) |
| Sphère | \(\frac43\pi R^{3}\) | — | \(4\pi R^{2}\) |
| Tore \((R,r)\) | \(2\pi^{2}Rr^{2}\) | — | \(4\pi^{2}Rr\) |
| Ellipsoïde | \(\frac43\pi abc\) | — | pas d'expression élémentaire |
La seconde forme est celle du tronc de cône. Aire latérale du tronc de cône : \(\pi(R+r)a\) avec \(a=\sqrt{(R-r)^{2}+h^{2}}\).
\(h\) est la hauteur de la calotte. Théorème d'Archimède : l'aire d'une zone sphérique ne dépend que de sa hauteur — la sphère et le cylindre circonscrit ont même aire latérale.
Sommets − arêtes + faces, pour tout polyèdre convexe (plus généralement, de genre 0). Sur un tore : \(S-A+F=0\).
| Solide de Platon | Faces | S / A / F | Volume (arête \(a\)) |
|---|---|---|---|
| Tétraèdre | 4 triangles | 4 / 6 / 4 | \(\frac{\sqrt2}{12}a^{3}\) |
| Cube | 6 carrés | 8 / 12 / 6 | \(a^{3}\) |
| Octaèdre | 8 triangles | 6 / 12 / 8 | \(\frac{\sqrt2}{3}a^{3}\) |
| Dodécaèdre | 12 pentagones | 20 / 30 / 12 | \(\frac{15+7\sqrt5}{4}a^{3}\) |
| Icosaèdre | 20 triangles | 12 / 30 / 20 | \(\frac{5(3+\sqrt5)}{12}a^{3}\) |
Deux solides dont toutes les sections parallèles ont même aire ont même volume — quelle que soit leur forme.
\(d_G\) distance de l'axe au centre de gravité de la courbe (resp. de la surface) génératrice ; l'axe ne doit pas traverser la figure. Application immédiate : le volume du tore.
Conséquence : le rapport surface/volume varie en \(1/k\) — la raison pour laquelle les petits animaux perdent leur chaleur plus vite.
Section 09
Transformations du plan
Une transformation se caractérise par ce qu'elle conserve et par ses points fixes. L'écriture complexe \(z\mapsto z'\) donne la classification la plus rapide.
| Transformation | Écriture complexe | Points fixes | Conserve |
|---|---|---|---|
| Translation \(\vec u\) | \(z'=z+b\) | aucun (si \(b\neq0\)) | tout ; isométrie directe |
| Rotation \((\Omega,\theta)\) | \(z'=\omega+e^{i\theta}(z-\omega)\) | \(\Omega\) | distances, angles orientés |
| Symétrie centrale | \(z'=2\omega-z\) | \(\Omega\) | rotation d'angle \(\pi\) |
| Symétrie axiale \((Ox)\) | \(z'=\bar z\) | la droite entière | distances ; inverse les angles |
| Homothétie \((\Omega,k)\) | \(z'=\omega+k(z-\omega)\) | \(\Omega\) (si \(k\neq1\)) | angles, rapports ; aires \(\times k^{2}\) |
| Similitude directe | \(z'=az+b\), \(a\neq0\) | 1 point si \(a\neq1\) | angles orientés ; rapport \(|a|\) |
| Similitude indirecte | \(z'=a\bar z+b\) | selon les cas | inverse les angles |
Toute similitude directe est la composée d'une homothétie et d'une rotation de même centre. Si \(a=1\) : translation.
\(S_\alpha\) est la réflexion d'axe la droite d'angle polaire \(\alpha\). \(\det R_\theta=1\) (directe), \(\det S_\alpha=-1\) (indirecte).
Réflexion associée : \(S=2P-I\).
Toute isométrie du plan est composée d'au plus trois réflexions.
Une isométrie sans point fixe et indirecte est une symétrie glissée (réflexion suivie d'une translation parallèle à l'axe).
Formule de Rodrigues, \(\|\vec n\|=1\). L'axe est le sous-espace propre associé à la valeur propre 1 ; \(\operatorname{tr}R=1+2\cos\theta\).
Transforme droites et cercles en droites et cercles ; conserve les angles (conforme). Outil de démonstration puissant en géométrie du cercle.
Section 10
Barycentres et lieux géométriques
Le barycentre transforme des conditions géométriques en calcul vectoriel ; les lieux traduisent une condition en équation.
Le point \(O\) est arbitraire. Le barycentre est inchangé si l'on multiplie tous les coefficients par un même réel non nul — d'où les coordonnées barycentriques, définies à un facteur près.
C'est cette propriété qui permet de démontrer les concours de droites en quelques lignes.
Relativement au triangle \(ABC\). Le centre du cercle d'Euler : \(\big(\cos(B-C):\cos(C-A):\cos(A-B)\big)\).
Ramène tout lieu défini par une somme pondérée de carrés de distances à un cercle centré en \(G\) — ou à l'ensemble vide.
Lieux géométriques
| Condition sur \(M\) | Lieu |
|---|---|
| \(MA=MB\) | médiatrice de \([AB]\) |
| \(d(M,\mathcal D_1)=d(M,\mathcal D_2)\) | les deux bissectrices des droites |
| \(MO=R\) | cercle de centre \(O\), rayon \(R\) |
| \(\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0\) | cercle de diamètre \([AB]\) |
| \(\dfrac{MA}{MB}=k\neq1\) | cercle d'Apollonius de diamètre \([PQ]\), \(P,Q\) barycentres \((1,\mp k)\) |
| \(\widehat{AMB}=\theta\) fixé | arc capable : deux arcs symétriques par rapport à \((AB)\) |
| \(MA+MB=2a\) | ellipse de foyers \(A,B\) |
| \(|MA-MB|=2a\) | hyperbole de foyers \(A,B\) |
| \(MF=d(M,\mathcal D)\) | parabole de foyer \(F\), directrice \(\mathcal D\) |
| \(\mathcal P_{\mathcal C_1}(M)=\mathcal P_{\mathcal C_2}(M)\) | axe radical |
Conséquences : la duplication du cube (\(\sqrt[3]2\)), la trisection générale de l'angle et la quadrature du cercle (\(\pi\) transcendant) sont impossibles. Un polygone régulier à \(n\) côtés est constructible si et seulement si \(n=2^{k}p_1\cdots p_r\) avec des nombres premiers de Fermat distincts (Gauss–Wantzel).
Section 11
Théorèmes classiques
Les résultats qui reviennent en olympiade et en géométrie projective. Les rapports notés \(\overline{XY}\) sont algébriques (signés sur une droite orientée).
\(D\in(BC)\), \(E\in(CA)\), \(F\in(AB)\). Démonstration en trois lignes par les barycentres. Cas particuliers : médianes, bissectrices, hauteurs.
Même configuration que Ceva : seul le signe du produit change. \(+1\) : concours ; \(-1\) : alignement.
Théorème purement projectif : il ne fait intervenir ni distance ni angle. Sa réciproque est son propre dual.
Cas dégénéré du théorème de Pascal, la conique se réduisant à deux droites.
Dual : théorème de Brianchon — dans un hexagone circonscrit à une conique, les trois diagonales principales sont concourantes.
Vrai pour les constructions extérieures comme intérieures ; la différence des aires des deux triangles de Napoléon égale l'aire du triangle initial.
Vrai pour tout triangle, sans exception. Résultat d'autant plus surprenant que la trisection n'est pas constructible à la règle et au compas.
Le point de concours est le centre radical : c'est de lui qu'on peut mener des tangentes de même longueur aux trois cercles.
Égalité pour le disque dans le plan, la boule dans l'espace : à périmètre (resp. aire) donné, ce sont les figures d'aire (resp. de volume) maximale.
Invariant par projection centrale — l'invariant fondamental de la géométrie projective. Division harmonique : \([A,B;C,D]=-1\).
Section 12
Pièges et vérifications
En géométrie, une figure fausse ou un cas particulier oublié invalide une démonstration entière. Voici les points de contrôle.
Il faut de plus que \(M\) et \(N\) soient dans le même ordre sur les demi-droites \([AB)\) et \([AC)\). Sinon on obtient la configuration « papillon ».
Les paradoxes géométriques classiques (le « triangle manquant », la preuve que tout triangle est isocèle) reposent tous sur une figure mal placée. Vérifier chaque cas de configuration, ou raisonner en mesures algébriques, qui les absorbent automatiquement.
Connaissant deux côtés et un angle non compris, il peut exister deux triangles. La loi des cosinus, elle, donne \(\cos\) et lève l'ambiguïté sur \([0^\circ,180^\circ]\) — la préférer dès que possible.
De plus \(\vec u\wedge\vec v=\vec u\wedge\vec w\) n'implique pas \(\vec v=\vec w\) : on ne simplifie jamais un produit vectoriel.
Dans l'espace, deux droites peuvent être non coplanaires. Réflexe plan à désactiver systématiquement.
Doubler les dimensions d'un solide multiplie son volume par 8, pas par 2. Erreur fréquente dans les problèmes d'agrandissement.
Pour un quadrilatère quelconque, quatre côtés ne déterminent pas la figure (elle est articulée) : il faut une donnée d'angle. Utiliser la formule de Bretschneider.
Toute formule d'aire doit être homogène de degré 2, toute formule de volume de degré 3. Tester sur le cas équilatéral, le carré ou le cas \(k=1\) élimine la plupart des erreurs de coefficient.