Géométrie

Aide-mémoire — géométrie

Trois points suffisent
à contenir presque tout.

Du triangle au tétraèdre, du cercle aux coniques : relations métriques, aires et volumes, vecteurs, transformations, barycentres et théorèmes classiques. Déplacez les sommets ci-dessous et regardez les points remarquables se déplacer — O, G et H restent toujours alignés, quoi que vous fassiez. Cliquez sur TeX pour copier une formule.

Faites glisser les sommets A, B, C

a = BC
—
b = CA
—
c = AB
—
Â
—
B̂
—
Ĉ
—
Périmètre
—
Aire
—
R
—
r
—

Aucune formule ne correspond. Essayez Thalès, Héron, Ptolémée ou Guldin.

Section 01

Bases du plan et repérage

Angles, droites, proportionnalité et distances. Sauf mention contraire, le plan est muni d'un repère orthonormé \((O;\vec\imath,\vec\jmath)\).

Angles et polygones

Angles remarquables
\[ \text{complémentaires}:\ \alpha+\beta=90^\circ;\qquad \text{supplémentaires}:\ \alpha+\beta=180^\circ \]

Deux angles opposés par le sommet sont égaux. Deux droites parallèles coupées par une sécante déterminent des angles alternes-internes et correspondants égaux — et réciproquement.

Somme des angles
\[ \text{triangle}:\ A+B+C=180^\circ;\qquad \text{polygone convexe à } n \text{ côtés}:\ \sum=(n-2)\cdot180^\circ \]

Somme des angles extérieurs d'un polygone convexe : \(360^\circ\), quel que soit \(n\).

Théorèmes fondateurs

Théorème de Thalès
\[ (MN)\parallel(BC)\ \Longrightarrow\ \frac{AM}{AB}=\frac{AN}{AC}=\frac{MN}{BC} \]

\(M\in(AB)\), \(N\in(AC)\). Réciproque : si \(\frac{AM}{AB}=\frac{AN}{AC}\) et que les points sont dans le même ordre sur les demi-droites, alors \((MN)\parallel(BC)\). La condition d'ordre est indispensable.

Théorème de Pythagore
\[ \widehat{A}=90^\circ\iff BC^{2}=AB^{2}+AC^{2} \]

L'équivalence contient le théorème et sa réciproque. Généralisation au triangle quelconque : loi des cosinus (§02).

Triangles semblables
\[ \frac{A'B'}{AB}=\frac{B'C'}{BC}=\frac{C'A'}{CA}=k\ \Longrightarrow\ \frac{\mathcal S'}{\mathcal S}=k^{2} \]

Critères de similitude : deux angles égaux (AA) ; deux côtés proportionnels et l'angle compris égal (SAS) ; trois côtés proportionnels (SSS).

Repère et distances

Distance et milieu
\[ AB=\sqrt{(x_B-x_A)^{2}+(y_B-y_A)^{2}},\qquad I=\left(\frac{x_A+x_B}{2},\frac{y_A+y_B}{2}\right) \]
Équations d'une droite
\[ ax+by+c=0\quad\text{(cartésienne)},\qquad y=mx+p\quad\text{(réduite)},\qquad \begin{cases}x=x_0+t\alpha\\ y=y_0+t\beta\end{cases}\quad\text{(paramétrique)} \]

Vecteur directeur \(\vec u(-b,a)\), vecteur normal \(\vec n(a,b)\). Pente \(m=-\frac ab\) si \(b\neq0\).

Droite par deux points
\[ \frac{y-y_A}{y_B-y_A}=\frac{x-x_A}{x_B-x_A},\qquad\text{ou}\qquad \begin{vmatrix}x-x_A & x_B-x_A\\ y-y_A & y_B-y_A\end{vmatrix}=0 \]

La forme par déterminant fonctionne même si la droite est verticale.

Parallélisme et orthogonalité
\[ d\parallel d'\iff ab'-a'b=0\iff m=m';\qquad d\perp d'\iff aa'+bb'=0\iff mm'=-1 \]
Distance d'un point à une droite
\[ d(M,\mathcal D)=\frac{|ax_M+by_M+c|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}}} \]
Angle entre deux droites
\[ \tan\theta=\left|\frac{m-m'}{1+mm'}\right|,\qquad \cos\theta=\frac{|aa'+bb'|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}}\sqrt{a'^{2}+b'^{2}}} \]

\(\theta\in\left[0,\frac\pi2\right]\) est l'angle géométrique (non orienté) entre les deux droites.

Périmètres et aires de base
\[ \text{cercle}:\ \mathcal P=2\pi R,\ \mathcal S=\pi R^{2};\qquad \text{rectangle}:\ \mathcal S=L\ell;\qquad \text{triangle}:\ \mathcal S=\tfrac12\,b\,h \]

Section 02

Triangles

Notations : côtés \(a=BC,\ b=CA,\ c=AB\) opposés aux angles \(A,B,C\) ; \(p=\frac{a+b+c}{2}\) demi-périmètre ; \(\mathcal S\) aire ; \(R\) et \(r\) rayons des cercles circonscrit et inscrit.

Relations métriques

Inégalité triangulaire
\[ |b-c|<a<b+c \]

Condition nécessaire et suffisante d'existence d'un triangle non aplati. L'égalité \(a=b+c\) correspond à trois points alignés.

Loi des cosinus (Al-Kashi)
\[ a^{2}=b^{2}+c^{2}-2bc\cos A\iff \cos A=\frac{b^{2}+c^{2}-a^{2}}{2bc} \]

Usage : trois côtés connus, ou deux côtés et l'angle compris.

Loi des sinus
\[ \frac{a}{\sin A}=\frac{b}{\sin B}=\frac{c}{\sin C}=2R=\frac{abc}{2\mathcal S} \]

Usage : un côté et deux angles. Attention au cas ambigu (deux côtés et un angle non compris) qui peut admettre deux solutions.

Triangle rectangle — relations métriques
\[ h^{2}=mn,\qquad b^{2}=am,\qquad c^{2}=an,\qquad ah=bc \]

Rectangle en \(A\), \(h\) hauteur issue de \(A\), \(m\) et \(n\) les projections de \(b\) et \(c\) sur l'hypoténuse \(a=m+n\).

Théorème de la médiane
\[ m_a^{2}=\frac{2b^{2}+2c^{2}-a^{2}}{4},\qquad MB^{2}+MC^{2}=2MI^{2}+\frac{BC^{2}}{2} \]

\(I\) milieu de \([BC]\), valable pour tout point \(M\) du plan.

Théorème de Stewart
\[ b^{2}m+c^{2}n=a\big(d^{2}+mn\big) \]

\(D\in[BC]\) avec \(BD=n\), \(DC=m\), \(AD=d\), \(a=m+n\). Contient comme cas particuliers le théorème de la médiane et le théorème de la bissectrice.

Théorème de la bissectrice
\[ \frac{BD}{DC}=\frac{AB}{AC}=\frac cb \]

\(D\) pied de la bissectrice intérieure issue de \(A\). Longueur : \(\ell_a=\frac{2bc\cos\frac A2}{b+c}\).

Aires

Aire — formes usuelles
\[ \mathcal S=\tfrac12 a h_a=\tfrac12 bc\sin A=\frac{abc}{4R}=pr=2R^{2}\sin A\sin B\sin C \]
Formule de Héron
\[ \mathcal S=\sqrt{p(p-a)(p-b)(p-c)} \]

Ne dépend que des trois côtés. Numériquement instable pour un triangle très aplati : préférer la forme de Kahan avec \(a\ge b\ge c\).

Aire par coordonnées
\[ \mathcal S=\frac12\left|\det\big(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\big)\right|=\frac12\big|(x_B-x_A)(y_C-y_A)-(x_C-x_A)(y_B-y_A)\big| \]

Sans la valeur absolue, le déterminant est l'aire algébrique : positive si \(A,B,C\) sont dans le sens direct.

Droites et points remarquables

DroitesPoint de concoursPropriété caractéristique
MédianesCentre de gravité \(G\)\(\overrightarrow{AG}=\frac23\overrightarrow{AA'}\) ; \(\overrightarrow{GA}+\overrightarrow{GB}+\overrightarrow{GC}=\vec0\)
MédiatricesCirconscrit \(O\)\(OA=OB=OC=R\)
Bissectrices intérieuresInscrit \(I\)équidistant des trois côtés, distance \(r\)
HauteursOrthocentre \(H\)\(\overrightarrow{OH}=\overrightarrow{OA}+\overrightarrow{OB}+\overrightarrow{OC}\)
Bissectrice int. + 2 ext.Exinscrit \(I_a\)rayon \(r_a=\frac{\mathcal S}{p-a}\)
Droite d'Euler
\[ O,\ G,\ H\ \text{alignés},\qquad \overrightarrow{OH}=3\overrightarrow{OG} \]

Donc \(\overrightarrow{GH}=-2\overrightarrow{GO}\). La droite est indéfinie si le triangle est équilatéral (les trois points sont confondus).

Cercle d'Euler (des neuf points)
\[ \Omega=\text{milieu de }[OH],\qquad \rho=\frac R2 \]

Il passe par : les 3 milieux des côtés, les 3 pieds des hauteurs, les 3 milieux de \([AH]\), \([BH]\), \([CH]\). Théorème de Feuerbach : il est tangent au cercle inscrit et aux trois cercles exinscrits.

Relation d'Euler
\[ OI^{2}=R^{2}-2Rr\ \Longrightarrow\ R\ge 2r \]

Égalité si et seulement si le triangle est équilatéral.

Rayons et demi-angles
\[ r=\frac{\mathcal S}{p}=(p-a)\tan\frac A2,\qquad \tan\frac A2=\sqrt{\frac{(p-b)(p-c)}{p(p-a)}} \]

Triangles particuliers

Triangle équilatéral de côté \(a\)
\[ h=\frac{a\sqrt3}{2},\qquad \mathcal S=\frac{a^{2}\sqrt3}{4},\qquad R=\frac{a\sqrt3}{3},\qquad r=\frac{a\sqrt3}{6}=\frac R2 \]
Triangles remarquables
\[ (3,4,5),\ (5,12,13),\ (8,15,17),\ (7,24,25)\ \text{: triplets pythagoriciens} \]

Génération : \(a=m^{2}-n^{2}\), \(b=2mn\), \(c=m^{2}+n^{2}\) avec \(m>n>0\). Le triangle \(30\)-\(60\)-\(90\) a pour côtés \(1,\sqrt3,2\) ; le \(45\)-\(45\)-\(90\) a pour côtés \(1,1,\sqrt2\).

Section 03

Quadrilatères et polygones

Chaque quadrilatère particulier se caractérise par ses diagonales : c'est la lecture la plus efficace pour les reconnaître et les démontrer.

FigureCaractérisation par les diagonalesAire
Parallélogrammese coupent en leur milieu\(\mathcal S=b\,h=ab\sin\theta\)
Rectanglemilieu commun et même longueur\(\mathcal S=L\ell\)
Losangemilieu commun et perpendiculaires\(\mathcal S=\frac{d_1d_2}{2}=a^{2}\sin\theta\)
Carrémilieu commun, égales et perpendiculaires\(\mathcal S=a^{2}=\frac{d^{2}}{2}\)
Cerf-volantl'une est médiatrice de l'autre\(\mathcal S=\frac{d_1d_2}{2}\)
Trapèzedeux côtés parallèles\(\mathcal S=\frac{(B+b)h}{2}\)
Quelconque—\(\mathcal S=\frac{d_1d_2\sin\theta}{2}\)
Identité du parallélogramme
\[ d_1^{2}+d_2^{2}=2\big(a^{2}+b^{2}\big) \]

La somme des carrés des diagonales égale la somme des carrés des quatre côtés. Version vectorielle : \(\|\vec u+\vec v\|^{2}+\|\vec u-\vec v\|^{2}=2\|\vec u\|^{2}+2\|\vec v\|^{2}\).

Théorème de Varignon
\[ \text{milieux des côtés d'un quadrilatère}\ \Longrightarrow\ \text{parallélogramme d'aire}\ \frac{\mathcal S}{2} \]

Valable pour tout quadrilatère, même croisé ou non plan.

Quadrilatère inscriptible
\[ ABCD\ \text{inscriptible}\iff \widehat A+\widehat C=\widehat B+\widehat D=180^\circ \]

Un quadrilatère est circonscriptible (admet un cercle inscrit) si et seulement si \(a+c=b+d\) — théorème de Pitot.

Formule de Brahmagupta
\[ \mathcal S=\sqrt{(p-a)(p-b)(p-c)(p-d)},\qquad p=\frac{a+b+c+d}{2} \]

Quadrilatère inscriptible uniquement. Cas dégénéré \(d=0\) : formule de Héron. Cas général (Bretschneider) : retrancher \(abcd\cos^{2}\frac{\widehat A+\widehat C}{2}\) sous la racine.

Théorème de Ptolémée
\[ AC\cdot BD=AB\cdot CD+BC\cdot AD \]

Égalité si et seulement si \(ABCD\) est inscriptible et convexe ; sinon, inégalité \(\le\) (inégalité de Ptolémée), valable pour quatre points quelconques.

Polygones

Polygone régulier à \(n\) côtés
\[ \theta_{\text{int}}=\frac{(n-2)\pi}{n},\qquad c=2R\sin\frac\pi n,\qquad a_p=R\cos\frac\pi n,\qquad \mathcal S=\frac{n c\,a_p}{2}=\frac{nR^{2}}{2}\sin\frac{2\pi}{n} \]

\(R\) rayon circonscrit, \(a_p\) apothème (rayon inscrit), \(c\) côté. Quand \(n\to\infty\), \(\mathcal S\to\pi R^{2}\).

Nombre de diagonales
\[ D=\frac{n(n-3)}{2} \]
Formule de l'arpenteur (lacet)
\[ \mathcal S=\frac12\left|\sum_{i=1}^{n}\big(x_iy_{i+1}-x_{i+1}y_i\big)\right|,\qquad (x_{n+1},y_{n+1})=(x_1,y_1) \]

Valable pour tout polygone simple (non croisé), convexe ou non, dont on connaît les sommets ordonnés.

Théorème de Pick
\[ \mathcal S=i+\frac{b}{2}-1 \]

Polygone simple dont les sommets sont à coordonnées entières ; \(i\) = points entiers intérieurs, \(b\) = points entiers sur le bord.

Aires de figures usuelles
\[ \text{ellipse}:\ \pi ab;\qquad \text{secteur circulaire}:\ \tfrac12R^{2}\theta;\qquad \text{couronne}:\ \pi\big(R^{2}-r^{2}\big) \]

Section 04

Cercle

Équations, angles et puissance d'un point — l'outil qui unifie tangentes, sécantes et cocyclicité.

Équation cartésienne
\[ (x-x_0)^{2}+(y-y_0)^{2}=R^{2}\iff x^{2}+y^{2}-2x_0x-2y_0y+c=0,\quad R^{2}=x_0^{2}+y_0^{2}-c \]

L'équation générale \(x^{2}+y^{2}+Dx+Ey+F=0\) définit un cercle réel si et seulement si \(D^{2}+E^{2}-4F>0\) ; un point si \(=0\) ; rien si \(<0\).

Paramétrage
\[ \begin{cases}x=x_0+R\cos t\\ y=y_0+R\sin t\end{cases}\quad t\in[0,2\pi[;\qquad \text{ou}\quad x=x_0+R\frac{1-s^{2}}{1+s^{2}},\ y=y_0+R\frac{2s}{1+s^{2}} \]

Le second est le paramétrage rationnel (\(s=\tan\frac t2\)) ; il manque le point \((x_0-R,y_0)\) mais permet de trouver tous les points rationnels du cercle.

Cercle défini par un diamètre
\[ M\in\mathcal C\iff \overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0\iff (x-x_A)(x-x_B)+(y-y_A)(y-y_B)=0 \]

Traduction analytique du théorème de l'angle inscrit dans un demi-cercle (théorème de Thalès sur le cercle).

Angle inscrit et angle au centre
\[ \widehat{AMB}=\tfrac12\,\widehat{AOB} \]

Tous les angles inscrits interceptant le même arc sont égaux. Angle entre une tangente et une corde : également la moitié de l'arc intercepté.

Puissance d'un point
\[ \mathcal P_{\mathcal C}(M)=\overline{MA}\cdot\overline{MB}=MO^{2}-R^{2} \]

Indépendante de la sécante \((AB)\) choisie. \(\mathcal P>0\) à l'extérieur, \(=0\) sur le cercle, \(<0\) à l'intérieur. Si \(M\) est extérieur et \(MT\) la tangente : \(\mathcal P=MT^{2}\).

Axe radical
\[ \mathcal P_{\mathcal C_1}(M)=\mathcal P_{\mathcal C_2}(M)\ \Longrightarrow\ \text{droite perpendiculaire à }(O_1O_2) \]

S'obtient en soustrayant les deux équations de cercles. Les trois axes radicaux de trois cercles sont concourants au centre radical.

Tangente en un point du cercle
\[ (x_1-x_0)(x-x_0)+(y_1-y_0)(y-y_0)=R^{2} \]

Tangente en \(M_1(x_1,y_1)\in\mathcal C\) : règle du dédoublement (remplacer \(x^{2}\) par \(x_1x\), etc.). Longueur de la tangente issue d'un point extérieur : \(\sqrt{MO^{2}-R^{2}}\).

Corde, flèche, arc
\[ \text{corde}=2R\sin\frac\theta2,\qquad \text{flèche}=R\left(1-\cos\frac\theta2\right),\qquad \ell_{\text{arc}}=R\theta \]

Aire du segment circulaire (entre la corde et l'arc) : \(\frac{R^{2}}{2}(\theta-\sin\theta)\).

Positions relatives de deux cercles
\[ d=O_1O_2:\quad d>R_1+R_2\ (\text{extérieurs}),\quad d=R_1+R_2\ (\text{tangents ext.}),\quad |R_1-R_2|<d<R_1+R_2\ (\text{sécants}) \]

\(d=|R_1-R_2|\) : tangents intérieurement ; \(d<|R_1-R_2|\) : l'un est intérieur à l'autre.

Cocyclicité
\[ A,B,C,D\ \text{cocycliques ou alignés}\iff \frac{\overline{CA}}{\overline{CB}}:\frac{\overline{DA}}{\overline{DB}}\in\mathbb R \]

Critère du birapport réel en écriture complexe. Critère angulaire équivalent : \(\widehat{(CA,CB)}=\widehat{(DA,DB)}\ [\pi]\).

Section 05

Coniques

Une seule définition les engendre toutes : le lieu des points dont le rapport des distances à un foyer et à une directrice vaut \(e\). L'excentricité \(e\) décide de la nature.

Définition par foyer et directrice
\[ \frac{MF}{d(M,\mathcal D)}=e:\qquad e<1\ \text{ellipse},\qquad e=1\ \text{parabole},\qquad e>1\ \text{hyperbole} \]

Le cercle est le cas limite \(e=0\) (directrice rejetée à l'infini).

Équation polaire unifiée
\[ r=\frac{p}{1+e\cos\theta} \]

Pôle au foyer, \(p\) paramètre. C'est la forme utilisée en mécanique céleste (première loi de Kepler).

Ellipse

Équation réduite et éléments
\[ \frac{x^{2}}{a^{2}}+\frac{y^{2}}{b^{2}}=1\ (a>b),\qquad c^{2}=a^{2}-b^{2},\qquad e=\frac ca,\qquad F(\pm c,0),\qquad \mathcal D:\ x=\pm\frac ae \]

Définition bifocale : \(MF+MF'=2a\). Paramétrage : \(x=a\cos t\), \(y=b\sin t\).

Aire et périmètre
\[ \mathcal S=\pi ab,\qquad \mathcal P\approx\pi\left[3(a+b)-\sqrt{(3a+b)(a+3b)}\right] \]

Le périmètre exact n'est pas élémentaire : c'est une intégrale elliptique \(4aE(e)\). L'approximation donnée est celle de Ramanujan, précise à \(10^{-5}\) près pour les excentricités usuelles.

Tangente
\[ \frac{x_1x}{a^{2}}+\frac{y_1y}{b^{2}}=1 \]

Règle du dédoublement en \(M_1(x_1,y_1)\) sur la courbe. Propriété focale : la tangente fait des angles égaux avec les deux rayons focaux — un rayon issu d'un foyer se réfléchit vers l'autre.

Hyperbole

Équation réduite et éléments
\[ \frac{x^{2}}{a^{2}}-\frac{y^{2}}{b^{2}}=1,\qquad c^{2}=a^{2}+b^{2},\qquad e=\frac ca>1,\qquad \text{asymptotes}:\ y=\pm\frac ba x \]

Définition bifocale : \(|MF-MF'|=2a\). Paramétrage : \(x=\pm a\operatorname{ch} t\), \(y=b\operatorname{sh} t\).

Tangente et hyperbole équilatère
\[ \frac{x_1x}{a^{2}}-\frac{y_1y}{b^{2}}=1;\qquad a=b\iff e=\sqrt2\iff\text{asymptotes perpendiculaires}\iff xy=k \]

Parabole

Équation réduite et éléments
\[ y^{2}=2px,\qquad F\left(\frac p2,0\right),\qquad \mathcal D:\ x=-\frac p2,\qquad e=1 \]

Tangente en \(M_1\) : \(y_1y=p(x+x_1)\). Propriété focale : tout rayon parallèle à l'axe se réfléchit vers le foyer — principe du miroir parabolique et de l'antenne.

Forme cartésienne usuelle
\[ y=ax^{2}+bx+c:\qquad S\left(-\frac{b}{2a},\ -\frac{\Delta}{4a}\right),\qquad \text{axe}:\ x=-\frac{b}{2a} \]

Classification générale

Équation générale du second degré
\[ Ax^{2}+Bxy+Cy^{2}+Dx+Ey+F=0,\qquad \delta=B^{2}-4AC \]

\(\delta<0\) : ellipse (cercle si \(A=C\) et \(B=0\)) ; \(\delta=0\) : parabole ; \(\delta>0\) : hyperbole. Cas dégénérés (point, droites, vide) si le déterminant \(3\times3\) associé s'annule.

Élimination du terme croisé
\[ \tan 2\varphi=\frac{B}{A-C} \]

Rotation d'angle \(\varphi\) des axes. Méthode équivalente : diagonaliser la matrice symétrique \(\begin{pmatrix}A&B/2\\ B/2&C\end{pmatrix}\), dont les valeurs propres donnent les demi-axes.

Section 06

Vecteurs et produits

Trois produits, trois usages : le scalaire mesure des angles et des projections, le vectoriel des aires et des directions normales, le mixte des volumes.

Produit scalaire — expressions
\[ \vec u\cdot\vec v=\|\vec u\|\,\|\vec v\|\cos\theta=x x'+y y'+z z'=\tfrac12\left(\|\vec u+\vec v\|^{2}-\|\vec u\|^{2}-\|\vec v\|^{2}\right) \]

Bilinéaire, symétrique, défini positif. \(\vec u\perp\vec v\iff\vec u\cdot\vec v=0\).

Projection orthogonale
\[ \operatorname{proj}_{\vec v}(\vec u)=\frac{\vec u\cdot\vec v}{\|\vec v\|^{2}}\,\vec v,\qquad \vec u\cdot\vec v=\overline{AH}\cdot\|\vec v\| \]
Produit vectoriel
\[ \vec u\wedge\vec v=\begin{pmatrix}yz'-zy'\\ zx'-xz'\\ xy'-yx'\end{pmatrix},\qquad \|\vec u\wedge\vec v\|=\|\vec u\|\,\|\vec v\|\,|\sin\theta| \]

Anticommutatif : \(\vec v\wedge\vec u=-\vec u\wedge\vec v\), et non associatif. Sa norme est l'aire du parallélogramme construit sur \(\vec u\) et \(\vec v\) ; il est orthogonal aux deux, orienté par la règle de la main droite.

Produit mixte
\[ [\vec u,\vec v,\vec w]=(\vec u\wedge\vec v)\cdot\vec w=\det(\vec u,\vec v,\vec w) \]

Volume algébrique du parallélépipède. Nul si et seulement si les trois vecteurs sont coplanaires. Invariant par permutation circulaire, changé de signe par transposition.

Volumes par les vecteurs
\[ \mathcal V_{\text{parallélépipède}}=\big|[\vec u,\vec v,\vec w]\big|,\qquad \mathcal V_{\text{tétraèdre}}=\frac16\big|[\vec u,\vec v,\vec w]\big| \]
Double produit vectoriel
\[ \vec u\wedge(\vec v\wedge\vec w)=(\vec u\cdot\vec w)\,\vec v-(\vec u\cdot\vec v)\,\vec w \]

Mnémonique « BAC moins CAB ». Identité de Jacobi : \(\vec u\wedge(\vec v\wedge\vec w)+\vec v\wedge(\vec w\wedge\vec u)+\vec w\wedge(\vec u\wedge\vec v)=\vec 0\).

Identité de Lagrange
\[ \|\vec u\wedge\vec v\|^{2}+(\vec u\cdot\vec v)^{2}=\|\vec u\|^{2}\|\vec v\|^{2} \]

Traduction de \(\cos^{2}+\sin^{2}=1\). Elle contient l'inégalité de Cauchy–Schwarz : \(|\vec u\cdot\vec v|\le\|\vec u\|\|\vec v\|\).

Déterminant dans le plan
\[ \det(\vec u,\vec v)=xy'-yx'=\|\vec u\|\,\|\vec v\|\sin\theta \]

Nul si et seulement si \(\vec u\) et \(\vec v\) sont colinéaires. Signe positif si la base \((\vec u,\vec v)\) est directe.

Relation de Chasles et colinéarité
\[ \overrightarrow{AB}+\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC};\qquad A,B,C\ \text{alignés}\iff \exists k,\ \overrightarrow{AC}=k\,\overrightarrow{AB} \]

Section 07

Géométrie analytique de l'espace

Repère orthonormé \((O;\vec\imath,\vec\jmath,\vec k)\). Le plan est piloté par son vecteur normal, la droite par son vecteur directeur : presque tout se ramène à un produit scalaire ou vectoriel.

Distance et milieu
\[ AB=\sqrt{(x_B-x_A)^{2}+(y_B-y_A)^{2}+(z_B-z_A)^{2}} \]
Équations d'un plan
\[ ax+by+cz+d=0,\qquad \vec n(a,b,c)\ \text{normal};\qquad \overrightarrow{AM}\cdot\vec n=0 \]\[ M=A+s\,\vec u+t\,\vec v\quad\text{(paramétrique)} \]

Plan par trois points non alignés : \(\vec n=\overrightarrow{AB}\wedge\overrightarrow{AC}\), ou \(\det\big(\overrightarrow{AM},\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\big)=0\).

Équations d'une droite
\[ \begin{cases}x=x_0+t\alpha\\ y=y_0+t\beta\\ z=z_0+t\gamma\end{cases} \quad\Longleftrightarrow\quad \frac{x-x_0}{\alpha}=\frac{y-y_0}{\beta}=\frac{z-z_0}{\gamma} \]

Dans l'espace, une droite ne se décrit pas par une seule équation cartésienne : c'est l'intersection de deux plans.

Distance d'un point à un plan
\[ d(M,\mathcal P)=\frac{|ax_M+by_M+cz_M+d|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}+c^{2}}} \]
Distance d'un point à une droite
\[ d(M,\mathcal D)=\frac{\big\|\overrightarrow{AM}\wedge\vec u\big\|}{\|\vec u\|} \]

\(A\in\mathcal D\), \(\vec u\) vecteur directeur. Version plane : \(d=\frac{|\det(\overrightarrow{AM},\vec u)|}{\|\vec u\|}\).

Distance entre deux droites non coplanaires
\[ d(\mathcal D_1,\mathcal D_2)=\frac{\big|\big[\overrightarrow{A_1A_2},\vec u_1,\vec u_2\big]\big|}{\|\vec u_1\wedge\vec u_2\|} \]

Si \(\vec u_1\wedge\vec u_2=\vec0\) les droites sont parallèles : se ramener à une distance point–droite.

Angles
\[ \cos(\mathcal P_1,\mathcal P_2)=\frac{|\vec n_1\cdot\vec n_2|}{\|\vec n_1\|\|\vec n_2\|},\qquad \sin(\mathcal D,\mathcal P)=\frac{|\vec u\cdot\vec n|}{\|\vec u\|\|\vec n\|} \]

Noter le \(\sin\) pour l'angle droite–plan : c'est le complémentaire de l'angle entre \(\vec u\) et \(\vec n\).

Positions relatives
\[ \mathcal D\parallel\mathcal P\iff\vec u\cdot\vec n=0;\qquad \mathcal D\perp\mathcal P\iff\vec u\parallel\vec n;\qquad \mathcal P_1\parallel\mathcal P_2\iff\vec n_1\parallel\vec n_2 \]

Deux droites de l'espace peuvent être non coplanaires : ni sécantes, ni parallèles. Test : \(\big[\overrightarrow{A_1A_2},\vec u_1,\vec u_2\big]\neq0\).

Sphère
\[ (x-x_0)^{2}+(y-y_0)^{2}+(z-z_0)^{2}=R^{2};\qquad \text{plan tangent}:\ \overrightarrow{\Omega M_1}\cdot\overrightarrow{M_1M}=0 \]

Intersection sphère–plan : cercle de rayon \(\sqrt{R^{2}-d^{2}}\) si \(d=d(\Omega,\mathcal P)<R\) ; un point si \(d=R\) ; vide si \(d>R\).

Coordonnées cylindriques et sphériques
\[ (r,\theta,z):\ x=r\cos\theta,\ y=r\sin\theta;\qquad (\rho,\varphi,\theta):\ x=\rho\sin\varphi\cos\theta,\ y=\rho\sin\varphi\sin\theta,\ z=\rho\cos\varphi \]

Convention physique : \(\varphi\in[0,\pi]\) colatitude, \(\theta\in[0,2\pi[\) azimut. Éléments de volume : \(r\,dr\,d\theta\,dz\) et \(\rho^{2}\sin\varphi\,d\rho\,d\varphi\,d\theta\).

Section 08

Solides, aires et volumes

\(\mathcal B\) désigne l'aire d'une base, \(h\) la hauteur, \(a\) l'apothème ou la génératrice selon le solide.

SolideVolumeAire latéraleAire totale
Prisme droit\(\mathcal B h\)\(\mathcal P_{\text{base}}\,h\)\(\mathcal S_{\text{lat}}+2\mathcal B\)
Pavé \(L\times\ell\times H\)\(L\ell H\)—\(2(L\ell+LH+\ell H)\)
Cube d'arête \(a\)\(a^{3}\)—\(6a^{2}\) ; diagonale \(a\sqrt3\)
Cylindre droit\(\pi R^{2}h\)\(2\pi Rh\)\(2\pi R(R+h)\)
Pyramide\(\frac13\mathcal B h\)\(\frac12\mathcal P_{\text{base}}\,a\)\(\mathcal S_{\text{lat}}+\mathcal B\)
Cône droit\(\frac13\pi R^{2}h\)\(\pi R a\), \(a=\sqrt{R^{2}+h^{2}}\)\(\pi R(R+a)\)
Sphère\(\frac43\pi R^{3}\)—\(4\pi R^{2}\)
Tore \((R,r)\)\(2\pi^{2}Rr^{2}\)—\(4\pi^{2}Rr\)
Ellipsoïde\(\frac43\pi abc\)—pas d'expression élémentaire
Tronc de cône ou de pyramide
\[ \mathcal V=\frac h3\left(\mathcal B_1+\mathcal B_2+\sqrt{\mathcal B_1\mathcal B_2}\right)=\frac{\pi h}{3}\left(R^{2}+Rr+r^{2}\right) \]

La seconde forme est celle du tronc de cône. Aire latérale du tronc de cône : \(\pi(R+r)a\) avec \(a=\sqrt{(R-r)^{2}+h^{2}}\).

Portions de sphère
\[ \text{calotte}:\ \mathcal S=2\pi Rh,\quad \mathcal V=\frac{\pi h^{2}}{3}(3R-h);\qquad \text{secteur}:\ \mathcal V=\frac23\pi R^{2}h \]

\(h\) est la hauteur de la calotte. Théorème d'Archimède : l'aire d'une zone sphérique ne dépend que de sa hauteur — la sphère et le cylindre circonscrit ont même aire latérale.

Tétraèdre régulier d'arête \(a\)
\[ h=a\sqrt{\frac23},\qquad \mathcal V=\frac{a^{3}\sqrt2}{12},\qquad \mathcal S=a^{2}\sqrt3,\qquad \cos\theta_{\text{dièdre}}=\frac13 \]
Relation d'Euler (polyèdres)
\[ S-A+F=2 \]

Sommets − arêtes + faces, pour tout polyèdre convexe (plus généralement, de genre 0). Sur un tore : \(S-A+F=0\).

Solide de PlatonFacesS / A / FVolume (arête \(a\))
Tétraèdre4 triangles4 / 6 / 4\(\frac{\sqrt2}{12}a^{3}\)
Cube6 carrés8 / 12 / 6\(a^{3}\)
Octaèdre8 triangles6 / 12 / 8\(\frac{\sqrt2}{3}a^{3}\)
Dodécaèdre12 pentagones20 / 30 / 12\(\frac{15+7\sqrt5}{4}a^{3}\)
Icosaèdre20 triangles12 / 30 / 20\(\frac{5(3+\sqrt5)}{12}a^{3}\)
Principe de Cavalieri
\[ \forall z,\ \mathcal A_1(z)=\mathcal A_2(z)\ \Longrightarrow\ \mathcal V_1=\mathcal V_2 \]

Deux solides dont toutes les sections parallèles ont même aire ont même volume — quelle que soit leur forme.

Théorèmes de Guldin (Pappus)
\[ \mathcal S=2\pi d_G\,L,\qquad \mathcal V=2\pi d_G\,\mathcal A \]

\(d_G\) distance de l'axe au centre de gravité de la courbe (resp. de la surface) génératrice ; l'axe ne doit pas traverser la figure. Application immédiate : le volume du tore.

Effet d'échelle
\[ \text{longueurs}\times k\ \Longrightarrow\ \text{aires}\times k^{2}\ \Longrightarrow\ \text{volumes}\times k^{3} \]

Conséquence : le rapport surface/volume varie en \(1/k\) — la raison pour laquelle les petits animaux perdent leur chaleur plus vite.

Volumes par intégration
\[ \mathcal V=\int_{z_1}^{z_2}\mathcal A(z)\,dz;\qquad \text{révolution}:\ \mathcal V=\pi\int_a^b f(x)^{2}dx,\quad \mathcal S=2\pi\int_a^b f\sqrt{1+f'^{2}}\,dx \]

Section 09

Transformations du plan

Une transformation se caractérise par ce qu'elle conserve et par ses points fixes. L'écriture complexe \(z\mapsto z'\) donne la classification la plus rapide.

TransformationÉcriture complexePoints fixesConserve
Translation \(\vec u\)\(z'=z+b\)aucun (si \(b\neq0\))tout ; isométrie directe
Rotation \((\Omega,\theta)\)\(z'=\omega+e^{i\theta}(z-\omega)\)\(\Omega\)distances, angles orientés
Symétrie centrale\(z'=2\omega-z\)\(\Omega\)rotation d'angle \(\pi\)
Symétrie axiale \((Ox)\)\(z'=\bar z\)la droite entièredistances ; inverse les angles
Homothétie \((\Omega,k)\)\(z'=\omega+k(z-\omega)\)\(\Omega\) (si \(k\neq1\))angles, rapports ; aires \(\times k^{2}\)
Similitude directe\(z'=az+b\), \(a\neq0\)1 point si \(a\neq1\)angles orientés ; rapport \(|a|\)
Similitude indirecte\(z'=a\bar z+b\)selon les casinverse les angles
Éléments d'une similitude directe
\[ z'=az+b\ (a\neq1):\qquad \text{rapport }k=|a|,\quad \text{angle }\theta=\arg a,\quad \text{centre }\omega=\frac{b}{1-a} \]

Toute similitude directe est la composée d'une homothétie et d'une rotation de même centre. Si \(a=1\) : translation.

Matrices des transformations linéaires
\[ R_\theta=\begin{pmatrix}\cos\theta&-\sin\theta\\ \sin\theta&\cos\theta\end{pmatrix},\qquad S_\alpha=\begin{pmatrix}\cos2\alpha&\sin2\alpha\\ \sin2\alpha&-\cos2\alpha\end{pmatrix},\qquad H_k=k\,I_2 \]

\(S_\alpha\) est la réflexion d'axe la droite d'angle polaire \(\alpha\). \(\det R_\theta=1\) (directe), \(\det S_\alpha=-1\) (indirecte).

Projection orthogonale sur une droite
\[ P=\frac{1}{\|\vec u\|^{2}}\,\vec u\,{}^{t}\vec u,\qquad P^{2}=P,\qquad {}^{t}P=P \]

Réflexion associée : \(S=2P-I\).

Composition des isométries
\[ s_{\mathcal D'}\circ s_{\mathcal D}=\begin{cases}\text{translation de }2\overrightarrow{HH'}&\text{si }\mathcal D\parallel\mathcal D'\\ \text{rotation d'angle }2\theta&\text{si }\mathcal D\cap\mathcal D'=\{\Omega\}\end{cases} \]

Toute isométrie du plan est composée d'au plus trois réflexions.

Classification des isométries planes
\[ \text{directes}:\ \text{identité},\ \text{translation},\ \text{rotation};\qquad \text{indirectes}:\ \text{réflexion},\ \text{symétrie glissée} \]

Une isométrie sans point fixe et indirecte est une symétrie glissée (réflexion suivie d'une translation parallèle à l'axe).

Rotations de l'espace
\[ R_{\vec n,\theta}\,\vec v=\cos\theta\ \vec v+\sin\theta\ (\vec n\wedge\vec v)+(1-\cos\theta)(\vec n\cdot\vec v)\,\vec n \]

Formule de Rodrigues, \(\|\vec n\|=1\). L'axe est le sous-espace propre associé à la valeur propre 1 ; \(\operatorname{tr}R=1+2\cos\theta\).

Inversion
\[ M\mapsto M',\quad \overrightarrow{OM'}=\frac{k}{OM^{2}}\overrightarrow{OM};\qquad \text{en complexes}:\ z'=\frac{k}{\bar z} \]

Transforme droites et cercles en droites et cercles ; conserve les angles (conforme). Outil de démonstration puissant en géométrie du cercle.

Section 10

Barycentres et lieux géométriques

Le barycentre transforme des conditions géométriques en calcul vectoriel ; les lieux traduisent une condition en équation.

Définition du barycentre
\[ \sum_i\alpha_i\,\overrightarrow{GA_i}=\vec0\iff \overrightarrow{OG}=\frac{\sum_i\alpha_i\overrightarrow{OA_i}}{\sum_i\alpha_i},\qquad \sum_i\alpha_i\neq0 \]

Le point \(O\) est arbitraire. Le barycentre est inchangé si l'on multiplie tous les coefficients par un même réel non nul — d'où les coordonnées barycentriques, définies à un facteur près.

Associativité
\[ \operatorname{bar}\{(A,\alpha),(B,\beta),(C,\gamma)\}=\operatorname{bar}\big\{(H,\alpha+\beta),(C,\gamma)\big\},\quad H=\operatorname{bar}\{(A,\alpha),(B,\beta)\} \]

C'est cette propriété qui permet de démontrer les concours de droites en quelques lignes.

Points remarquables en barycentriques
\[ G=(1:1:1),\quad I=(a:b:c),\quad O=\big(\sin 2A:\sin 2B:\sin 2C\big),\quad H=\big(\tan A:\tan B:\tan C\big) \]

Relativement au triangle \(ABC\). Le centre du cercle d'Euler : \(\big(\cos(B-C):\cos(C-A):\cos(A-B)\big)\).

Fonction scalaire de Leibniz
\[ \sum_i\alpha_i\,MA_i^{2}=\left(\sum_i\alpha_i\right)MG^{2}+\sum_i\alpha_i\,GA_i^{2} \]

Ramène tout lieu défini par une somme pondérée de carrés de distances à un cercle centré en \(G\) — ou à l'ensemble vide.

Lieux géométriques

Condition sur \(M\)Lieu
\(MA=MB\)médiatrice de \([AB]\)
\(d(M,\mathcal D_1)=d(M,\mathcal D_2)\)les deux bissectrices des droites
\(MO=R\)cercle de centre \(O\), rayon \(R\)
\(\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0\)cercle de diamètre \([AB]\)
\(\dfrac{MA}{MB}=k\neq1\)cercle d'Apollonius de diamètre \([PQ]\), \(P,Q\) barycentres \((1,\mp k)\)
\(\widehat{AMB}=\theta\) fixéarc capable : deux arcs symétriques par rapport à \((AB)\)
\(MA+MB=2a\)ellipse de foyers \(A,B\)
\(|MA-MB|=2a\)hyperbole de foyers \(A,B\)
\(MF=d(M,\mathcal D)\)parabole de foyer \(F\), directrice \(\mathcal D\)
\(\mathcal P_{\mathcal C_1}(M)=\mathcal P_{\mathcal C_2}(M)\)axe radical
Constructibilité à la règle et au compas
\[ x\ \text{constructible}\iff [\mathbb Q(x):\mathbb Q]=2^{n}\ \text{avec une tour d'extensions quadratiques} \]

Conséquences : la duplication du cube (\(\sqrt[3]2\)), la trisection générale de l'angle et la quadrature du cercle (\(\pi\) transcendant) sont impossibles. Un polygone régulier à \(n\) côtés est constructible si et seulement si \(n=2^{k}p_1\cdots p_r\) avec des nombres premiers de Fermat distincts (Gauss–Wantzel).

Section 11

Théorèmes classiques

Les résultats qui reviennent en olympiade et en géométrie projective. Les rapports notés \(\overline{XY}\) sont algébriques (signés sur une droite orientée).

Théorème de Ceva
\[ (AD),(BE),(CF)\ \text{concourantes}\iff \frac{\overline{BD}}{\overline{DC}}\cdot\frac{\overline{CE}}{\overline{EA}}\cdot\frac{\overline{AF}}{\overline{FB}}=1 \]

\(D\in(BC)\), \(E\in(CA)\), \(F\in(AB)\). Démonstration en trois lignes par les barycentres. Cas particuliers : médianes, bissectrices, hauteurs.

Théorème de Ménélaüs
\[ D,E,F\ \text{alignés}\iff \frac{\overline{BD}}{\overline{DC}}\cdot\frac{\overline{CE}}{\overline{EA}}\cdot\frac{\overline{AF}}{\overline{FB}}=-1 \]

Même configuration que Ceva : seul le signe du produit change. \(+1\) : concours ; \(-1\) : alignement.

Théorème de Desargues
\[ (AA'),(BB'),(CC')\ \text{concourantes}\iff \text{les 3 points d'intersection des côtés homologues sont alignés} \]

Théorème purement projectif : il ne fait intervenir ni distance ni angle. Sa réciproque est son propre dual.

Théorème de Pappus
\[ A,B,C\in\mathcal D,\quad A',B',C'\in\mathcal D'\ \Longrightarrow\ (AB')\cap(A'B),\ (AC')\cap(A'C),\ (BC')\cap(B'C)\ \text{alignés} \]

Cas dégénéré du théorème de Pascal, la conique se réduisant à deux droites.

Théorème de Pascal (hexagramme mystique)
\[ \text{hexagone inscrit dans une conique}\ \Longrightarrow\ \text{les 3 points d'intersection des côtés opposés sont alignés} \]

Dual : théorème de Brianchon — dans un hexagone circonscrit à une conique, les trois diagonales principales sont concourantes.

Droite de Simson–Wallace
\[ M\in\text{cercle circonscrit}\iff \text{les 3 projetés de } M \text{ sur les côtés sont alignés} \]
Théorème de Napoléon
\[ \text{triangles équilatéraux construits sur les côtés}\ \Longrightarrow\ \text{leurs centres forment un triangle équilatéral} \]

Vrai pour les constructions extérieures comme intérieures ; la différence des aires des deux triangles de Napoléon égale l'aire du triangle initial.

Théorème de Morley
\[ \text{intersections des trisectrices adjacentes}\ \Longrightarrow\ \text{triangle équilatéral} \]

Vrai pour tout triangle, sans exception. Résultat d'autant plus surprenant que la trisection n'est pas constructible à la règle et au compas.

Théorème de Feuerbach
\[ \text{le cercle des neuf points est tangent au cercle inscrit et aux trois cercles exinscrits} \]
Théorème de Monge (des trois cordes)
\[ \text{les 3 axes radicaux de 3 cercles sont concourants ou parallèles} \]

Le point de concours est le centre radical : c'est de lui qu'on peut mener des tangentes de même longueur aux trois cercles.

Inégalité isopérimétrique
\[ 4\pi\mathcal S\le \mathcal P^{2},\qquad 36\pi\mathcal V^{2}\le\mathcal A^{3} \]

Égalité pour le disque dans le plan, la boule dans l'espace : à périmètre (resp. aire) donné, ce sont les figures d'aire (resp. de volume) maximale.

Birapport
\[ [A,B;C,D]=\frac{\overline{CA}}{\overline{CB}}:\frac{\overline{DA}}{\overline{DB}} \]

Invariant par projection centrale — l'invariant fondamental de la géométrie projective. Division harmonique : \([A,B;C,D]=-1\).

Section 12

Pièges et vérifications

En géométrie, une figure fausse ou un cas particulier oublié invalide une démonstration entière. Voici les points de contrôle.

Réciproque de Thalès : l'ordre compte
\[ \frac{AM}{AB}=\frac{AN}{AC}\ \not\Longrightarrow\ (MN)\parallel(BC) \]

Il faut de plus que \(M\) et \(N\) soient dans le même ordre sur les demi-droites \([AB)\) et \([AC)\). Sinon on obtient la configuration « papillon ».

La figure n'est pas une démonstration
\[ \text{« on voit que »}\ \neq\ \text{preuve} \]

Les paradoxes géométriques classiques (le « triangle manquant », la preuve que tout triangle est isocèle) reposent tous sur une figure mal placée. Vérifier chaque cas de configuration, ou raisonner en mesures algébriques, qui les absorbent automatiquement.

Cas ambigu de la loi des sinus
\[ \sin B=k\ \Longrightarrow\ B\ \text{ou}\ 180^\circ-B \]

Connaissant deux côtés et un angle non compris, il peut exister deux triangles. La loi des cosinus, elle, donne \(\cos\) et lève l'ambiguïté sur \([0^\circ,180^\circ]\) — la préférer dès que possible.

Produit vectoriel : ni commutatif, ni associatif
\[ \vec u\wedge\vec v=-\vec v\wedge\vec u,\qquad (\vec u\wedge\vec v)\wedge\vec w\neq\vec u\wedge(\vec v\wedge\vec w) \]

De plus \(\vec u\wedge\vec v=\vec u\wedge\vec w\) n'implique pas \(\vec v=\vec w\) : on ne simplifie jamais un produit vectoriel.

Deux droites de l'espace
\[ \text{non sécantes}\ \not\Longrightarrow\ \text{parallèles} \]

Dans l'espace, deux droites peuvent être non coplanaires. Réflexe plan à désactiver systématiquement.

Confusion des rapports d'échelle
\[ k\ \text{(longueurs)},\qquad k^{2}\ \text{(aires)},\qquad k^{3}\ \text{(volumes)} \]

Doubler les dimensions d'un solide multiplie son volume par 8, pas par 2. Erreur fréquente dans les problèmes d'agrandissement.

Formule de Brahmagupta hors domaine
\[ \mathcal S=\sqrt{(p-a)(p-b)(p-c)(p-d)}\quad\text{réservée aux quadrilatères \textbf{inscriptibles}} \]

Pour un quadrilatère quelconque, quatre côtés ne déterminent pas la figure (elle est articulée) : il faut une donnée d'angle. Utiliser la formule de Bretschneider.

Contrôles de cohérence
\[ \textbf{1.}\ \text{homogénéité}\quad \textbf{2.}\ \text{cas particulier connu}\quad \textbf{3.}\ \text{signe et ordre de grandeur}\quad \textbf{4.}\ \text{cas dégénéré} \]

Toute formule d'aire doit être homogène de degré 2, toute formule de volume de degré 3. Tester sur le cas équilatéral, le carré ou le cas \(k=1\) élimine la plupart des erreurs de coefficient.

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